Sam Sauvage : « J’ai pris le temps de bien faire les choses »

17/01/2026 | Actualités, Concerts, Musique, Sorties d'albums, Talents en herbe

Sam Sauvage sort en fin de mois son premier album. (c) Hugo Lardenet

Enfant de Boulogne-sur-Mer, Sam Sauvage est une valeur montante de la scène française. Son premier album, « Mesdames, Messieurs ! », sort le 30 janvier et l’artiste est déjà nommé dans la catégorie « Révélation masculine » de l’année aux Victoires de la Musique, le 13 février. Planète Lille est allé à sa rencontre avant son concert à Haubourdin, ce samedi 17 janvier…

Sam, votre premier album sort le 30 janvier et cette année 2026 débute avec une autre excellente nouvelle : votre nomination aux Victoires de la Musique. Vous l’espériez ?
« Franchement, pas du tout. Quelques personnes m’avaient dit qu’il y avait peut-être une chance, mais je leur disais que je n’avais sorti qu’un EP, que c’était un peu tôt. Les Victoires, c’est tellement une institution. Quand mon manager m’a appelé pour me dire de bloquer le 13 février dans mon agenda pour aller aux Victoires de la Musique, je n’ai pas réalisé sur le coup. C’est quand ma mère m’a rappelé un peu plus tard que je m’en suis rendu compte. »

C’est une belle récompense de tout le travail de ces dernières années ?
« Plus qu’une récompense, c’est une reconnaissance. Les gens ne le savent pas forcément, mais il y a eu dix ans de bars-restaurants, de petites salles. Ce qui se passe depuis ces deux dernières années, c’est nouveau, et c’est évidemment ce que je recherchais. Quand on est artiste, on veut avoir un public. »

Le public va justement découvrir un premier album le 30 janvier. Comment l’avez-vous construit ?
« En fait, j’y travaille depuis dix ans. J’ai fait tellement de chansons que ça pourrait déjà faire cinq albums, mais j’ai pris le temps de bien faire les choses. Un premier album, c’est un truc qui reste, une sorte de petit patrimoine, et j’ai senti cette année que c’était le bon moment : l’EP a touché les gens. Ils ont senti qu’il y avait une singularité, et ça m’a fait plaisir, car je ne voulais pas que ça ressemble trop à des choses déjà existantes, même s’il y a forcément des références et des influences. »

Vous avez tout écrit seul ?
« Oui. Le processus est toujours le même : j’écris seul dans la cuisine de mon appartement d’étudiant, qui n’a pas changé. J’observe le monde, j’y pose mon regard et je le propose aux gens sans l’imposer. Ce qui a changé, c’est que je me suis entouré d’arrangeurs comme Pierre Cheguillaume ou Simon Quenea, qui ont fait un travail sublime sur l’album. D’autres, comme David Enfrein et Xavier de Maere, le frère de Pierre, ont aussi bossé sur un titre chacun, et j’ai réalisé un rêve de gosse en collaborant avec une violoncelliste, Cécile Lacharme. Pour le mixage, il y a eu également un gros travail avec Perceval Carré.

Dans cet album, il y a des textes écrits depuis cinq ans et d’autres très récents. D’ailleurs, il y a trois mois, j’appelais encore tout le monde pour dire que j’avais écrit une chanson dans la nuit et que je voulais absolument la mettre dedans. Ils me disaient que j’étais fou, que ce n’était pas possible, mais ça a fini par se faire. »

Y a-t-il un fil directeur à toutes ces chansons ?
« Je dirais plutôt un semblant de cohérence. Je ne suis pas trop fan des albums concepts, même si certains le font très bien. C’est un album que je voulais éclectique : toutes les chansons sont très différentes et peuvent s’écouter indépendamment les unes des autres. »

J’ai lu dans une interview que vous n’aimiez pas trop qu’on vous compare à tel ou tel artiste ?
« Avant, ça me mettait en colère, mais je me suis calmé là-dessus (rires). J’ai compris que c’était un réflexe naturel : on a besoin d’étiquettes, de cases pour se rassurer. C’est le cerveau qui est comme ça. Forcément, j’ai tellement écouté Bashung dans ma vie que ça se ressent dans ma musique. Je ne renie pas cette influence. Qu’on dise que je suis dans la lignée, ça me va ; dans l’imitation, ce serait plus problématique. »

Votre première influence, c’est Bob Dylan ?
« Oui, même si j’ai commencé pour de mauvaises raisons. À l’époque, je n’en avais rien à faire de la musique, je voulais juste être un mec cool, adopter le style de ce genre d’artiste. Je faisais des reprises, mais ça ne m’intéressait pas. Tout a basculé quand j’ai commencé à écrire mes premières chansons et à jouer avec d’autres musiciens. Un champ des possibles s’est ouvert à moi. »

Vous avez collaboré ou assuré les premières parties d’artistes de renom comme Zaho de Sagazan, Eddy de Pretto ou Clara Luciani. Qu’en avez-vous retiré ?
« Je les ai considérés comme des grands frères ou de grandes sœurs qui avaient beaucoup à m’apprendre. Je pense notamment à Clara, avec qui on a beaucoup discuté et à qui j’ai demandé des conseils. Ils ont tous des parcours qui forcent l’admiration. Il y a aussi Benjamin Biolay, qui m’a tendu la main et qui m’a envoyé un message de félicitations après ma nomination aux Victoires de la Musique. Forcément, ça me touche. »

Comment gérez-vous votre notoriété grandissante ?
« Ça reste une petite notoriété. Je vais dans la rue et dans le métro tranquillement, je ne suis pas spécialement reconnu. Et si parfois des gens viennent me parler, ça ne me dérange pas : c’est que mon travail a payé. Les Victoires de la Musique vont offrir une exposition considérable, mais si ça peut révéler davantage l’album que moi, ce serait formidable. »

Le 30 janvier, vous allez fêter la sortie de l’album avec un showcase et des dédicaces à la Fnac de Boulogne. C’était important de fêter ça “à la maison” ?
« Oui, je suis trop content de venir leur présenter l’album. Boulogne m’a toujours tendu la main, que ce soit dans ma vie personnelle ou musicale, même quand j’étais un peu perdu, quand je jouais dans la rue. Il y a un gars comme Vincent Couturier, un régisseur de la communauté d’agglo de Boulogne, que j’allais voir avec des idées folles. Même s’il avait peu de moyens, il me répondait toujours : “Je ne sais pas comment, mais on va le faire.” Il y a plein d’artistes, et notamment une belle scène féminine, qui est en train de monter à Boulogne. C’est donc important pour moi d’y aller et de faire rayonner la ville à mon petit niveau. Même si je vis à Paris, je reste très connecté : je lis les journaux locaux. »

L’album « Mesdames, Messieurs ! » sort le 30 janvier chez Wagram Music. Sam Sauvage sera en concert ce samedi 17 janvier (20 h), à l’Espace culturel Lequimme à Haubourdin, dans le cadre de « Boucan 2 », avec Anaysa et Ofé. Il sera aussi en showcase et en dédicaces à la Fnac de Boulogne-sur-Mer le vendredi 30 janvier (19 h 15)

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