Ryad Baxx sort de l’ombre sous les lumières du Spotlight

15/11/2025 | Actualités, Spéctacles, Théâtre/Humour

Ryad Baxx évoque son parcours de gardien de prison dans son spectacle Ryad sort de l'ombre

 

Le grand public l’a découvert il y a quatre ans, lors de l’apparition sur les écrans de M6 du nouveau couple qu’il formait avec Claudia Mongumu (Louise) dans « Scènes de ménages ». Il y incarnait Jalil, un sapeur pompier professionnel, contraint de composer avec un père veuf un peu envahissant. Ryad Baxx avait néanmoins déjà fait ses premières armes dans le métier dès le début des années 2010. Formé dans une compagnie théâtrale à Marseille, il a joué dans une web-série et fait des apparitions dans des courts métrages mais, pendant de longues années, en parallèle, c’est avec une profession pas banale de gardien de prison qu’il a essentiellement gagné sa vie.

« J’essayais tant bien que mal de m’accrocher à ma passion, confie-t-il. Quand je n’étais pas de surveillance le soir, j’allais parfois au théâtre. J’ai obtenu des petits rôles, souvent des silhouettes mais à l’époque, tout se décidait presque exclusivement à Paris. J’ai un peu arrêté de rêver jusqu’à ce que je rencontre différentes personnes qui m’ont redonné l’envie. J’ai demandé ma mutation en région parisienne, j’ai été affecté à Melun, je me suis inscrit dans une agence de comédiens et un jour on m’a proposé le casting pour « Scènes de ménages ».

Pendant quelques semaines, le temps des phases de lecture et de la définition des rôles, le comédien a conservé son emploi mais très vite il a décidé de se consacrer pleinement à son aventure artistique. Aujourd’hui, il tourne en quelque sorte définitivement la page en se servant de son expérience dans le milieu carcéral pour son seul en scène « Ryad sort de l’ombre ». Le public du Spotlight à Lille pourra découvrir, ce jeudi 27 novembre, ce spectacle où l’intéressé se démultiplie. « Ce n’est pas du stand up mais une sorte de film où l’on voit défiler ma vie, j’y incarne 43 personnages. La période de la prison est bien sûr la phase centrale, j’y ai puisé énormément d’anecdotes. »

Au festival d’Avignon, le bouche à oreille a tellement bien fonctionné que les dernières représentations se sont toutes jouées à guichets fermés. « Ce que je traite dans mon spectacle est universel, je suis à la poursuite de mon rêve d’enfant. J’étais littéralement enfermé et j’ai pu m’évader pour le vivre », sourit-il. L’histoire ne dit pas si certains de ses anciens détenus sont venus le voir sur scène, « en tout cas, personne ne me l’a dit », sourit-il. En revanche plusieurs anciens collègues ont rejoint son public et ont apprécié : « Ils m’ont rapporté que je rendais hommage au métier, en disant que tout n’est pas tout noir et en humanisant les détenus. »

Durant toutes ces années de gardien de prison, Ryad reconnaît en souriant que s’il lui est parfois arrivé d’utiliser l’humour pour désamorcer certaines situations tendues, celles-ci se sont quand même « le plus souvent finies au sol avec des clefs de bras » mais « l’humour a servi à dédramatiser dans ma tête tout ce que je voyais. »

Prêt à jouer ce spectacle en prison si on le lui propose, Ryad Baxx assure, en revanche, ne pas regretter un instant ses choix : « Quand je suis arrivé dans le monde de la télévision, du spectacle, je n’avais pas les codes, je ne comprenais pas tout. J’étais sur la défensive car c’est un milieu où des gens peuvent vouloir te croquer mais désormais je suis heureux tous les jours de me lever pour faire ce métier. La notoriété apportée par « Scènes de ménages » fait qu’on est souvent sollicité mais quand on passe d’un métier où les gens veulent t’agresser à un autre où ils te sourient et veulent faire des photos avec toi, c’est forcément agréable. J’ai conscience, et ça fait partie du métier, qu’il ne faut jamais oublier que c’est grâce au public que l’on existe. »

Ryad Baxx, qui n’a encore jamais évolué au Spotlight, espère donc y croiser un maximum de monde et vérifier la réputation d’accueil des Nordistes, lui qui se sent désormais à l’aise sur scène. « J’ai fait une pièce « Tout va bien se passer » avec Ali Vardar, le taulier du théâtre de boulevard et j’avoue que j’avais la pression, j’avais peur mais avec Arsène Mosca, qui jouait mon père dans  « Scènes de ménages », ils m’ont rassuré et on a joué dans des grandes salles. Ils m’ont fait me sentir à ma place, j’ai enfin eu l’impression d’être légitime.  Un lien s’est créé avec le public ; c’est comme une drogue dont je ne peux plus me passer. »

« Ryad Baxx sort de l’ombre », jeudi 27 novembre (19 h) au Spotlight à Lille. Prix : 20 € (16 € pour les étudiants).

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