Au fond du trou : des tranches de vie burlesques

10/04/2025 | A vos télécommandes, Actualités, Séries, Télé

Agnès Miguras a pris du plaisir à tourner Au fond du trou. (c)Arte

Si vous avez aimé la web série 18 h 30 de Maxime Chamoux et Sylvain Gouverneur, vous devriez apprécier Au fond du trou, présentée dans la catégorie format court lors du récent Festival Séries Mania à Lille, et actuellement disponible sur la plateforme Arte.TV. Plusieurs des membres du casting avaient d’ailleurs cette référence en tête. « J’avais trouvé la série très qualitative, très intéressante, j’aimais bien leur travail, confie Nicolas Berno . Quand j’ai passé le casting, j’ai lu les textes, ça m’a fait rire tout de suite, ce qui n’est pas toujours le cas pour une comédie. J’ai vite vu le ton que les réalisateurs souhaitaient donner et j’ai adhéré tout de suite au type d’humour, aux angles choisis, aux personnages. »

Agnès Miguras avait également vu et apprécié 18 h 30 mais elle n’avait pas, initialement, fait le lien avec les réalisateurs : « Je m’en suis rendue compte en regardant leurs parcours, j’ai retrouvé cette écriture fine, caustique, humaine », précise-t-elle.

Tournée dans la région à Coudekerque-Branche, la série a pour cadre un terrain de minigolf où se jouent différentes saynètes de la vie quotidienne, indépendantes les unes de autres avec par exemple un rendez-vous amoureux ou encore un entretien professionnel  : « Il y a un truc très convivial dans le minigolf que j’aime bien et j’ai apprécié le contraste entre ce lieu censé être calme, un espace de détente, de divertissement, et ces personnages excités, au fond du trou, qui se déchirent », poursuit Nicolas Berno. « Mon personnage est assez fou, elle a une double facette. Elle est en mode séduction pour un rendez-vous amoureux, elle montre sa meilleure version d’elle-même mais en même temps elle se pointe avec son fils, un pré-adolescent, et dès qu’elle s’adresse à lui elle montre un autre visage, plus inquiétant, et il y a même un moment où elle va carrément péter un câble », sourit, de son côté, la comédienne.

Le format court convient pleinement à Nicolas Berno : « C’est agréable pour le téléspectateur, ça se consomme facilement, indique-t-il. En tant qu’acteur, le format court peut bien sûr avoir un côté frustrant, quand on rentre dans un personnage et qu’on s’y sent bien, on a envie d’y rester un peu plus longtemps mais j’aime le rapport au rythme que ça impose, ça devient plus du sketch que de la fiction. Ce sont des tableaux différents, il n’y a pas de lien entre les personnages mais chaque épisode a son identité et sa profondeur. Il faut vraiment être efficace tout de suite.  Ce qu’ils ont réussi à faire sur la saison 2 de Bref est pour moi la quintessence du programme court réussi. »

Agnès Miguras ne voit pas tout à fait les choses de la même façon : « J’ai participé à la série Nos meilleures années sur M6, il y a quelques mois et là c’était vraiment du format court, on tournait chaque jour 8 sketchs de 2 à 3 minutes. Avec Au fond du trou, on est davantage dans le court métrage, les épisodes font quand même douze à seize minutes, souligne-t-elle. Le tournage est plus court mais ça ne change pas fondamentalement la façon de jouer. » Alors format court ou court métrage, au final peu importe, tant que le plaisir du téléspectateur n’est pas, lui, en portion congrue.

« Au fond du trou », saison 1, 6 épisodes, disponibles sur la plateforme d’Arte. Avec Rosa Bursztein, Agnès Miguras, Nicolas Berno, Nicolas Lumbreras.

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