Caroline Vignal s’interroge sur la quête du plaisir 2.0

13/01/2024 | A l'affiche, Ciné

Vincent Elbaz et Laure Calamy, un couple plus tout à fait sur la même longueur d'onde. Photo Chapka Films.

Trois ans après avoir emmené Laure Calamy vers un César grâce à son road trip en pleine nature lors du film Antoinette dans les Cévennes, la réalisatrice Caroline Vignal a, de nouveau, fait appel à son actrice fétiche pour une immersion dans un monde qui lui est également totalement inconnu : la jungle des applications de rencontres.

Iris et les hommes, une comédie joyeuse et légère où l’on suit la quête du plaisir 2.0 initiée par Iris (Laure Calamy) quadragénaire ayant réussi sa vie professionnelle (elle est dentiste dans un cabinet qui tourne bien) et sa vie de famille (mariée, mère de deux jeunes filles) mais qui souffre, en silence, du désert sexuel qui s’est instauré depuis des années au sein de son couple.

Les applications de rencontre vont-elles lui permettre de trouver l’épanouissement physique et psychologique qu’elle recherche ?

«  L’idée de ce film est venue au moment où je cherchais les financements d’Antoinette dans les Cévennes, confie Caroline Vignal. J’avais mis 20 ans à faire un deuxième film et je ne voulais pas que ça recommence, je savais que lorsque l’on en finit un, c’est comme un accouchement, on est exsangue et qu’il vaut donc mieux ne pas repartir de zéro. C’est suite à une soirée avec une amie qui n’avait selon moi pas du tout le profil pour aller sur les sites de rencontres et qui m’avait raconté comment ça se passait. J’ai voulu aller voir par curiosité mais il y avait une obligation de s’inscrire. Je l’ai donc fait et comme le personnage d’Iris, j’ai reçu plein de « like » et de messages. J’ai tout compilé, j’ai des amies qui s’y sont mises et qui me faisaient aussi suivre leurs messages. »

Le nom de Laure Calamy lui est tout de suite revenue en tête : « Laure n’est pas du tout Iris dans la vraie vie, c’est un rôle de composition mais comme j’allais raconter l’histoire d’un point de vue unique, j’avais besoin de m’identifier à la personne qui allait incarner ce personnage. Et j’avais envie de donner à Laure ce rôle de bourgeoise, de femme accomplie, qu’on ne lui donnait pas jusque-là. Elle a un génie comique mais aussi une palette de jeu incroyable, capable d’amener toutes les émotions et elle est très charnelle, elle allie tout ce dont j’avais besoin pour Iris. »

Le casting de son mari Stéphane (Vincent Elbaz) fut plus complexe : « J’avais envie que le mari renforce le mystère, qu’il soit a priori parfait et qu’on s’interroge davantage. C’est un peu comme ces couples que l’on connaît tous, que l’on envie tant ils semblent unis en apparence et qui finissent par se séparer sans que l’on sache vraiment pourquoi », indique-t-elle.

La réalisatrice reconnaît avoir aussi volontairement écarté l’idée d’un film plus dramatique avec une rencontre qui se passerait mal. « J’avais clairement envie de faire une comédie même si ce qu’on comprend du personnage d’Iris et de ce que risque ce couple n’est pas si joyeux que ça mais j’ai toujours l’espoir que la comédie me permette de dire des choses à un public qui n’est pas forcément de mon avis et que ça passe beaucoup mieux. »

Porté par une Laure Calamy lumineuse et de très bons seconds rôles (Suzanne de Baecque et Laurent Poitrenaux), Iris et les hommes ne porte pas de jugements définitifs, ni même de réflexions poussées sur les utilisateurs de ces sites de rencontres mais le film permet de passer un moment agréable. Comme les applis ?

« Iris et les hommes », déjà en salle. Comédie réalisée par Caroline Vignal avec Laure Calamy et Vincent Elbaz.

Photo Chapka films.

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