Leur belle histoire ne pouvait pas s’être arrêtée aussi prématurément, alors la Fédération française de Fonck a remis le couvert. Même si près d’un quart de siècle s’est écoulé entre l’album Vierge (2000) et I Scream (2023), puis U Scream, le son de la FFF. n’a rien perdu de sa puissance. En ces périodes socialement troubles, Marco Prince (chant), Yarol Poupaud (guitare), Nicolas Baby (basse) et Krichou Monthieux (batterie) sont repartis sur les routes de France. Ils seront ce jeudi 5 novembre au Splendid de Lille pour un concert qui promet énormément. Entretien avec Marco Prince…
À quoi doivent s’attendre les fans de la première heure qui reprennent le train en marche ?
« On est comme le bon vin, on s’est affinés, on s’est améliorés. Nous ne sommes plus tout jeunes, mais nous sommes plus puissants. Il y a une intensité qui nous anime et c’est agréable de la voir renaître dans les yeux des quadragénaires, des quinquagénaires et peut-être même des sexagénaires, mais aussi des petits jeunes que l’on a réussi à fédérer depuis notre retour. »
Est-ce que vous avez établi une ligne de conduite, une sorte de cahier des charges avant de faire votre retour ?
« On s’est juste dit : hauts les cœurs et à fond les amplis. Il y a une conjonction de situations qui ont permis de retrouver la formule secrète pour composer de nouveau ensemble. On ne s’était pas perdus de vue, mais on ne savait plus comment faire. Là, on vient de sortir deux albums en deux ans et un troisième est déjà sur le feu, un vieux feu que l’on croyait éteint. »
Pendant la période de rupture de FFF, vous avez continué vos chemins. En ce qui vous concerne, vous avez multiplié les projets : vous avez été acteur, vous avez composé des musiques de films, de séries, pour des compétitions sportives, pour un one-man-show, des pubs, des soirées événementielles… Ces différentes expériences ont-elles influencé l’artiste que vous êtes désormais ?
« Forcément, c’est le chemin classique d’un musicien, d’un artiste. Chaque expérience nourrit les prochaines. Même les mauvaises peuvent nous amener à élargir le spectre mélodique, la rythmique et même l’humain. On fait une musique de partage, on est en empathie avec le monde dans lequel on vit. Il y a une urgence de l’époque qui nous a donné envie de revenir, une époque tendue, avec de la haine, alors qu’il y a vingt ans, on pensait que tout cela resterait derrière nous. On pensait clore le débat, mais ce n’étaient en fait que des avertissements. »
La musique, et surtout la façon de la consommer, a beaucoup changé entre les deux phases de la F.F.F. Comment avez-vous vécu cette évolution ?
« Tout a changé. Il faut quand même se dire que l’on pratique désormais un art qu’intrinsèquement tout le monde utilise, mais que personne n’achète. Quand quelqu’un achète un billet de concert, c’est plus rémunérateur que 12 000 clics sur une plateforme. Le game a changé. Heureusement que nous n’avons jamais fait de la musique pour le game, mais c’est un peu fou de faire de la musique sans avoir aucune assurance de pouvoir en vivre. »
Votre essence, c’est le live. Quand on établit sa set-list, est-ce difficile de trouver l’équilibre entre les nouveaux titres et les incontournables ?
« Totalement, ça a été un casse-tête. C’est parti dans tous les sens, on a fait, on a défait, mais on a fini par effectuer des choix drastiques. Il y a des titres qu’on ne pouvait pas ne pas jouer, mais on ne peut pas jouer tous les titres. D’autant que si les salles sont techniquement de plus en plus incroyables, c’est aussi plus raide sur les dépassements horaires. On se limite à deux heures. On a quand même trouvé des subterfuges, avec notamment des medleys. »
Le Splendid de Lille, ça va forcément être le feu…
« Les deux publics les plus chauds sont à Lille et en Bretagne. Les gens sont impliqués dans l’idée de ce que doit être un concert, dans l’engagement qu’on y met. Dans la période que l’on vit, c’est d’autant plus important d’être au rendez-vous et de leur procurer les émotions qu’ils attendent. »
FFF au Splendid de Lille, jeudi 5 novembre (20 h).