Takumi de Valette, le sens du collectif

29/10/2026 | Actualités, Spéctacles, Théâtre/Humour

Takumi de Valette a trouvé à l'école du Nord l'espace de création collective dont il rêvait.

Chaque mois, Planète Lille va à la rencontre d’un élève du Studio 8 de l’École du Nord. Le portrait du mois est consacré à Takumi de Valette.

Le temps de deux représentations (ce jeudi à 18 h et vendredi à 21 h), il sera sur la scène du théâtre de l’Idéal, à Tourcoing, pour jouer dans Faire plein de Nam Du, l’un de ses camarades du parcours écriture et mise en scène. Une pièce qui parle de fantômes, de morts et de vivants, inspirée du phénomène des évaporés, ces personnes qui disparaissent volontairement, sans laisser un mot ni une explication, et dont on ne sait pas si elles sont mortes ou vivantes, ce qui ne permet pas à leurs proches de faire leur deuil. « C’est un sujet qui me touche personnellement, car j’ai une tante qui est justement une évaporée, au Japon, depuis cinq ans. »

Se retrouver dans ce spectacle, c’est l’une des raisons pour lesquelles Takumi de Valette est heureux d’avoir rejoint l’École du Nord : « Je voulais être dans une école où l’on crée. C’était super important à mes yeux qu’il y ait cette section écriture et mise en scène, pour travailler collectivement, rencontrer les gens qui feront le théâtre de demain, mais aussi des gens déjà implantés, reconnus, que ce soient des metteurs en scène, des chorégraphes… »

Une attente qui démontre que le jeune homme réservé, qui a longtemps eu du mal à prendre la parole en public, a vraiment franchi un cap. Un esprit de troupe qui n’est, en revanche, pas surprenant quand on connaît son parcours familial et son immersion dans le monde artistique dès le plus jeune âge, avec un papa clown et membre de la compagnie Les Chiche Capon et une maman danseuse de butô.

« J’ai dû faire mes premiers pas sur une scène à l’âge de 4 ans, se souvient-il. Je voyais mon père jouer dans la rue à Avignon et je l’imitais. Je voulais être clown, mais j’ai renoncé par timidité. J’ai ensuite fait de la clarinette au conservatoire, puis l’envie est revenue. Je voulais intégrer Le Samovar, une école de clowns à Paris, mais il n’y avait plus de places. En attendant, mon père m’a conseillé de faire du théâtre et je suis entré à l’École du Jeu. »

L’approche très corporelle de l’enseignement a facilité son intégration. « Je me suis senti libre et l’approche de la parole est venue beaucoup plus tard. Mon père était un clown totalement muet. J’aurais pu faire du mime ou choisir la danse, comme beaucoup de gens de ma famille. »

Au Studio 8, Takumi se réjouit de pouvoir approfondir cette dimension corporelle lors de stages avec des chorégraphes comme Boris Charmatz, ou de découvrir le travail avec les masques du Munstrum Théâtre, aux côtés de Lionel Lingelser. « On a une promotion qui, en règle générale, a quand même des aptitudes physiques très développées. Chacun a son endroit et sa singularité. La scénographie de David Bobée demande parfois de déployer une dimension physique pour remplir ces grands plateaux, ces grands espaces. »

Et si la sortie de l’école, en fin d’année, engendre une petite peur du vide, Takumi de Valette est néanmoins impatient d’aller mettre en pratique, partout, les précieux enseignements reçus durant toute sa formation.

Takumi de Valette joue dans Faire plein, une pièce de Nam Du, ce jeudi 29 octobre à 18 h et vendredi 30 octobre à 21 h, au théâtre de l’Idéal, à Tourcoing.

Lynda Lemay et Jean-Félix Lalanne : un vrai coup de foudre artistique

Entre Lille et Lynda Lemay, c’est désormais une histoire d’amour. « C’est ma ville de cœur en France. Quand je viens en...

Avec Feydeau, tout recommence pour Mikaël Mittelstadt

Réunir dix-sept comédien(ne)s révélé(e)s dans une même série, en l’occurrence Ici tout commence, pour revisiter un...

Partez à la conquête de l’Everest chez Eclipso

Visiter des lieux emblématiques, revivre de grands événements : depuis son installation à l’une des entrées du centre des...

Redouane Bougheraba voulait se dévoiler un peu plus

Après trois soirées au théâtre Sébastopol en février, l’humoriste marseillais Redouane Bougheraba revient à Lille, cette...

Natacha Krief et les tourments d’une jeunesse en quête de sens dans « Un jour on fera l’amour »

Quand une jeune femme et un jeune homme se rencontrent à un moment de leur vie où tout ne va pas forcément pour le mieux et...

La série « Le Charles » a offert aux comédiens une immersion exceptionnelle au cœur du porte-avions

Pour qu’un comédien ou une comédienne soit emballé(e) par une série ou un film, il faut généralement que le scénario...

Élodie Frégé renoue avec le public français dans « Berger Story »

Depuis plus de vingt ans, Spectacul’Art et ses 6 500 choristes proposent chaque année des spectacles un peu partout en...

Laayka, une artiste autodidacte et créative

Depuis le début de la semaine, J’écris, le nouveau single de Laayka, est entre les mains du public. Une nouvelle étape...

Eric Judor revient dans le jeu… grandeur nature

Quelle plus belle arène que celle des jeux de rôle grandeur nature pour imaginer une grande comédie d’aventure ? De retour...

Mahé s’installe de plus en plus dans la cour des grands

Il l’admet volontiers : ce vendredi 23 octobre, au théâtre municipal de Denain, Mahé aura un peu plus la pression que de...
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x