Un si grand soleil : « Quand on joue des gentils on s’ennuie », assure Chrystelle Labaude

04/10/2026 | A vos télécommandes, Actualités, Séries, Télé

Chrystelle Labaude incarne depuis 8 ans, Elisabeth Bastide, une redoutable femme d'affaires dans lasérie Un si grand soleil. (c) France Télévisions

Un si grand soleil a déjà fêté ses huit ans et, parmi les rescapés de la première heure, figure notamment Chrystelle Labaude, qui incarne un personnage que l’on a parfois adoré détester mais qui, au fil des saisons, est devenu de plus en plus attachant.

Élisabeth Bastide est tout de suite apparue comme une cheffe de famille solide et surtout comme une femme d’affaires intraitable, même si, dans l’arche actuellement diffusée, sa société et surtout quelques-uns de ses plus proches collaborateurs, Boris Laumière et Muriel Nasco, sont dans de très sales draps.

La comédienne se souvient des débuts de son personnage : « Élisabeth est arrivée un peu comme une tornade, extrêmement tyrannique et même despotique par rapport à son fils, quand elle a su qu’il avait eu un enfant avec Claire Estrela (Mélanie Maudran). On s’est vite dit que ce personnage allait être relativement odieux, ce qu’elle peut être par moments, mais il faut quand même se renouveler. Certaines intrigues ont permis de voir qu’elle avait des fissures et que c’était finalement un personnage extrêmement touchant, estime-t-elle. J’aime beaucoup ces petites volutes, ces petites montées, ces petites descentes. Dans le boulot, elle peut être insupportable, notamment avec son comptable, le pauvre Bertier (Khalid Maadour), qui me fait rire avec sa tête de nounours. Elle le traite mal. C’est le côté du personnage qui est assez odieux, mais c’est son entreprise, son gagne-pain, c’est une femme d’affaires. »

Un caractère bien trempé qu’elle se réjouissait d’incarner à l’écran. « Je savais qu’elle allait être intraitable dans quasiment toutes les situations et c’est marrant à jouer, parce que ce sont des choses qu’on ne peut pas faire ou dire dans la vie, parce qu’il faut un minimum de diplomatie, sourit-elle. Ce sont des personnages plus intéressants que ceux qui minaudent ou qui sont d’accord avec tout le monde. Quand on incarne des gentils, au bout d’un moment, on s’ennuie. »

Les auteurs ont néanmoins développé ces derniers temps une autre facette d’Élisabeth Bastide dans le domaine privé, à travers sa liaison, récemment chaotique, avec le docteur Alphand (Frédéric Van den Driessche) : « Elle peut être de mauvaise foi, très emmerdante, jalouse, possessive, mais elle a aussi cette fêlure, insiste-t-elle. Elle est très enfantine par moments et elle a des chagrins terribles. Je suis ravie d’avoir ce personnage qui se promène dans des émotions totalement à l’opposé les unes des autres. »

Au fil des saisons, le cercle des intimes d’Élisabeth Bastide s’est, à son grand dam, sérieusement restreint, que ce soit sur le plan familial, avec les départs successifs de son fils, de ses petits-enfants et de son ancienne belle-fille, ou dans son entourage, avec les décès de proches comme l’avocat Guilhem Cabestan (Manuel Blanc), son bras droit et confident, Nicolas Fourmeau (Marc Fayé), son amant fugace, ou son rival professionnel François Laumière (Jérémie Covillault). « Ça a été très difficile de les voir tous partir les uns après les autres. Il a donc fallu reconstruire une vie à mon personnage », avoue-t-elle

La comédienne appréhende-t-elle que les scénaristes finissent par réserver également un funeste sort à son personnage ? « Je pense que si ça arrive un jour, ce sera très violent, mais il faut s’y préparer, philosophe-t-elle. Peut-être qu’à un moment, ils ne sauront plus quoi faire d’Élisabeth, mais la vie ne s’achève pas pour autant. Je ferai peut-être des projets au théâtre que je refuse régulièrement. Après, c’est vrai qu’à la télévision, au cinéma, il n’y a pas tellement de rôles pour des femmes de plus de 60 ans et ils les donnent plus volontiers à de très bonnes comédiennes plus connues que moi. Mais dans quelques années, j’aurai 70 ans, je ne vais pas commencer à m’inquiéter à mon âge de mon avenir professionnel. Personne n’est à l’abri, mais je pense que mon personnage est apprécié du public et qu’il n’y aurait pas un vrai intérêt à le faire disparaître. Pour le moment, Élisabeth Bastide va très bien et je m’en réjouis. »

« Un si grand soleil », du lundi au vendredi à 20 h 45 sur France 3.

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