Gérard Hernandez l’annonce avec le sourire : « J’ai signé jusqu’en 2042, je vais juste aménager les horaires. » Le personnage de Raymond, qu’il incarne depuis dix-sept ans dans Scènes de ménages sur M6, a beau être à l’opposé de ce qu’il est dans la vraie vie, il n’entend pas s’en détacher si facilement.
L’arrivée de Bruno Solo dans la peau de son fils, Franck, amène en plus un souffle nouveau. « L’important, c’est d’avoir un bon comédien en face. C’est comme au tennis, c’est toujours mieux d’être contre un adversaire qui renvoie bien la balle, image-t-il. Si, en plus, le gars est un homme adorable, c’est encore mieux. De toute façon, si ça n’est pas sympa, j’arrête. À mon âge, je n’attends plus rien de ce métier. Ce qui reste après tous les emmerdements que j’ai eus durant ma carrière, c’est la joie des tournages. C’est ma petite bulle d’oxygène. Ce n’est même plus une question financière, c’est une question de survie. »
Dans le même ordre d’idée, Gérard Hernandez apprécie aussi beaucoup les passages de Chantal Ladesou. « On se marre bien et c’est une femme d’une grande bonté », précise-t-il.
Dans la série, le retour au bercail de son fils pourrait réveiller la fibre paternelle de Raymond. Mais le fiston ayant filé à l’anglaise avec l’argent de ses parents pour vivre quinze ans en Australie, la relation ne va pas être si cordiale. « Il a surtout réveillé une haine, sourit-il. Raymond n’était déjà pas paternel quand Franck était enfant, il l’est encore moins maintenant. Son rêve, c’est plutôt qu’il foute le camp. Il va donc tout faire pour qu’il s’en aille. Ce sont des rapports bizarres, mais c’est drôle. Je trouve ça intéressant, mais après, c’est évidemment le public qui décidera. »
Toujours très affecté par le décès, en 2023, de sa partenaire de jeu Marion Game, Gérard Hernandez confie que les tournages lui permettent d’oublier momentanément ses chagrins et ses soucis. « C’est très curieux, mais quand je tourne, je ne suis plus moi, poursuit-il. Je me souviens d’une fois où je devais jouer au théâtre, j’avais une rage de dents. Quand je suis entré sur scène, je n’ai plus eu mal. Je ne sais pas ce qui se passe chimiquement avec l’adrénaline. »
Agréablement surpris par la longévité de Scènes de ménages, Gérard Hernandez espère donc profiter encore longtemps de ses tranches de vie dans la peau de Raymond.
« Scènes de ménages », du lundi au vendredi à 20 h 40 sur M6.