Pendant de longues années, lorsqu’il passait devant le Colisée, Brahim Bouchelaghem, danseur, chorégraphe et directeur artistique de la compagnie roubaisienne Zahrbat y voyait un espace culturel quasiment inaccessible. « Je me disais que c’était uniquement pour les grandes stars de la musique, de l’humour et que jamais de ma vie, je ne pourrais y être avec ma compagnie, se souvient-il. Et, pourtant, j’y viens maintenant régulièrement et c’est toujours touchant d’y venir, c’est à chaque fois une date particulière. L’an passé, on a fêté les 20 ans de la compagnie, c’était une soirée extraordinaire. J’ai déjà donné rendez-vous au public pour les 30 ans. »
Que ses fans se rassurent, ils n’auront toutefois pas une dizaine d’années à patienter avant d’admirer son travail. Le dernier spectacle, Malmus, actuellement programmé au Festival off d’Avignon, sera joué le 18 février au Colisée.
Une nouvelle création avec 7 danseurs et danseuses sur scène inspirée, comme souvent par l’air du temps, par les croyances amenées par les nouvelles technologies. « J’avais envie de travailler sur ce que l’on voit tous les jours dans les médias, sur internet, comment distinguer le vrai du faux, comment on arrive à transformer l’irréel en réalité », indique Brahim Bouchelagem.
Un questionnement qu’il a transposé au domaine de la danse : « J’ai réfléchi à la façon dont on utilise notre corps pour prendre nos appuis, qu’est-ce qu’on arrive à faire avec l’épaule, est-ce que l’on tient en équilibre, comment on peut s’appuyer sur un autre danseur pour continuer la chorégraphie, sur la manière de danser ensemble. »
Comme toujours, l’homme est parti d’une page blanche. « Une fois qu’on a choisi le thème que l’on veut aborder, ce que l’on a envie de raconter, on bâtit l’équipe et à partir de là seulement, on commence à travailler sur la matière,précise-t-il. Tout est à écrire, on ne vient pas avec une chorégraphie toute faite, ça se construit petit à petit. Parfois on avance facilement, parfois c’est plus difficile. Il y a beaucoup de recherches, on vérifie que ce que l’on met en place est bien en lien avec le propos du spectacle. »
Définir le nombre de danseurs qui seront sur scène ne répond malheureusement pas qu’à des considérations artistiques : « Si je m’écoutais,il y en aurait cinquante sur scènes. Mon administratrice me demande toujours au départ combien j’en veux. J’essaie toujours de gratter un peu plus, s’amuse-t-il, mais elle me dit non car elle a un budget à tenir. Et puis il y a aussi la question de la vente du spectacle. Plus on est nombreux, plus c’est difficile à vendre. »
Le choix des artistes est donc primordial. « Ils ont tous une manière différente de bouger mais je veux des danseurs polyvalents, capables de danser ensemble. Pour Malmus, on a vraiment bien choisi l’équipe. Ils savent tout faire. » Parmi eux , des habitués de la compagnie comme Sacha Vangrevelynghe et Chinatsu Kosakatani mais aussi plusieurs nouveaux visages qui ont tout de suite adhéré au projet.
Malmus est actuellement joué, jusqu’au 20 juillet, au festival off d’Avignon. Le spectacle est programmé le 18 février 2027 au Colisée de Roubaix.