Chaque mois, Planète Lille va à la rencontre d’un élève du Studio 8 de l’École du Nord. Le portrait du mois est consacré à Marine Marçais-Boyer, dont une partie de la famille est originaire de Lille et qui connaissait donc déjà bien le théâtre du Nord.
Inscrite dans des cours de théâtre dès l’âge de cinq ans pour vaincre sa timidité, la jeune femme estime que le travail est toujours en cours sur ce point mais en traçant son chemin, d’abord au Cours Florent puis, depuis la rentrée 2024, au sein de l’École du Nord, elle a surtout eu la confirmation de son attrait pour une carrière artistique.
Déjà aperçue au cinéma (Women en 2020) et à la télévision (L’École de la vie en 2022, aux côtés notamment de Julie de Bona), elle prend de plus en plus goût à la scène grâce à la richesse du programme proposé. « C’est une metteuse en scène, Tamara Al Saadi, avec laquelle j’ai travaillé sur la pièce Gone en 2023, qui m’a vivement conseillé de passer le concours à Lille, explique-t-elle. Elle avait raison, car nous avons vraiment une équipe pédagogique de dingue : on s’occupe très bien de nous et nous avons de nombreux intervenants qui sont de grands artistes et qui nous permettent de toucher à différentes pratiques. Cela permet de conforter nos idées dans les domaines que l’on aime ou non, et parfois on a des surprises. Ça a été mon cas avec les séances sur le masque. Je pensais que j’allais détester et, en fait, j’ai été assez bouleversée. »
Elle a aussi un peu changé son regard sur l’improvisation : « C’est quelque chose qui ne me plaisait pas du tout à la base, mais grâce au travail avec Marlène Saldana, notamment sur notre création 15 Trumps en colère, j’ai compris que c’était une manière de dénoncer des choses sans être totalement frontal ni tomber dans le cliché. Ça m’intéresse aussi beaucoup de faire des choses avec cynisme ou avec humour », poursuit-elle.
Coup de coeur pour les élèves auteurs
Séduite par « l’engagement politique de l’école, la programmation du Théâtre du Nord » et le fait que l’école soit rattachée au théâtre, Marine Marçais-Boyer a également eu un véritable coup de cœur pour le travail réalisé avec ses camarades du parcours écriture, dramaturgie et mise en scène. « Les projets menés en leur compagnie font largement partie de mes meilleurs souvenirs depuis mon entrée à l’école », précise-t-elle, sans pour autant avoir, de son côté, une envie irrépressible de suivre leurs traces. « J’écrivais beaucoup avant d’entrer à l’école mais, depuis que j’y suis, quasiment plus, déplore-t-elle. Sans doute par manque de temps, mais aussi d’envie et d’inspiration. Je fais peut-être un petit blocage sur la question de ma légitimité. »
Gérer un emploi du temps bien chargé constitue néanmoins, à ses yeux, la principale difficulté du parcours à l’École du Nord : « Il faut accepter de mettre un peu sur pause sa vie sociale, sa vie sportive et ses envies extérieures au théâtre pendant trois ans, conclut-elle. J’avais, par exemple, l’habitude de m’entraîner quatre à cinq fois par semaine à la boxe. Ce n’est hélas plus possible mais ces contraintes sont contrebalancées par toutes les choses extraordinaires que l’on vit tout au long de notre formation. »