Il y a un peu moins de trente ans, le public français découvrait l’incroyable timbre de voix de Garou dans la comédie musicale « Notre-Dame de Paris ». Le triomphe fut immédiat. L’artiste a ensuite fait son chemin, parfois seul, parfois en duo, avec par exemple Michel Sardou et Céline Dion, ou même en bande avec Corneille et Roch Voisine pour les Forever Gentlemen. Aujourd’hui, c’est vraiment en solo, avec juste sa guitare pour l’accompagner, qu’il a décidé de monter sur scène pour revisiter trois décennies de carrière. Il sera en concert les 3 et 4 mars au Lille Grand Palais.
Garou, 30 ans de carrière, c’était le bon moment pour regarder un peu dans le rétro et raconter tout ce que vous avez vécu ?
« Sincèrement, je n’avais même pas envie de faire ça. Des amis m’avaient dit : “Tu devrais faire un spectacle comme ça”, mais j’avais peur de me raconter, je trouvais ça un peu égocentrique. Mais je me suis rendu compte que les gens en avaient envie. Je me raconte comme jamais. Je n’ai jamais autant travaillé sur un show : ça fait deux ans que je suis dessus, que je refais des arrangements. En fait, je me suis amusé comme un fou. »
Comment avez-vous procédé pour construire ce spectacle ?
« Le point de départ, c’est cette symbiose avec la nature. J’ai vécu une vie tellement folle pendant des années, à bouger tout le temps, à voyager dans tellement de pays, que ça m’a fait du bien, ces dernières années, de me poser, de prendre le temps. C’est une grande obsession chez moi. Et puis j’ai décidé de complètement revisiter toutes mes anciennes chansons. Ça fait un peu peur, mais le public qui me suit depuis des années sait que j’aime prendre des risques. »
C’est votre premier album avec la casquette d’auteur-compositeur-interprète. Qu’est-ce qui fait que vous n’avez jamais écrit vos chansons avant ?
« Je vivais tellement à fond que je ne prenais pas le temps de m’asseoir, de me consacrer à l’écriture. Et puis j’avais tellement de super auteurs-compositeurs autour de moi qui m’envoyaient plein de chansons que mon métier, c’était plutôt de choisir ce que j’allais interpréter. Et là, alors que je m’étais dit que je ne sortirais plus d’albums, je me suis mis à écrire sans que ce soit un mandat, juste pour le plaisir. Au bout du compte, je me suis dit que ce serait dommage, pour une fois que j’avais un propos, de ne pas en faire quelque chose. En réalité, mon premier véritable album sera en fait le dernier. »
Du coup, pourquoi vous arrêtez alors que vous y prenez du plaisir ?
« C’est vrai, je pourrais aussi écrire pour les autres, mais je crois que je vais d’abord faire une énorme tournée. J’ai beaucoup de dates pour les deux prochaines années et je pense qu’ensuite j’aurai envie de continuer avec des musiciens, notamment pour des pays non francophones. »
À quoi faut-il donc s’attendre ?
« On est partis sur des arrangements électro, mais en gardant en même temps pas mal de sons organiques et même des sons de la nature. Il y aura des images projetées sur scène, mais les images sont aussi dans la musique et je crois que, même en fermant les yeux, le public les verra. »
Cette expérience en solo, ça procure d’autres sensations ?
« Oui, ce sont de nouvelles sensations, mais c’est aussi un retour à mes débuts, quand je chantais dans des bars. On retrouve une intimité, une fragilité. Je n’ai jamais eu peur de la scène, mais là, je me suis senti vulnérable. »
Garou sera en concert à Lille Grand Palais les mardi 3 et mercredi 4 mars (20 h).