Huit ans : c’est le temps qu’il a fallu à Julien Hosmalin pour monter son premier long métrage, Sans pitié, en salle depuis ce mercredi 14 janvier. Un thriller sur fond de drame social, avec l’histoire de deux frangins, Dario (Adam Bessa) et Ryan (Tewfik Jallab), marqués à jamais et séparés par un événement tragique vécu par le premier lorsqu’il était enfant. Deux frères, issus du monde des forains, qui vont se retrouver vingt ans plus tard lors des funérailles de leur mère. Les fantômes du passé vont alors refaire surface et nourrir un désir de vengeance chez le plus jeune.
« L’arène familiale, c’est mon histoire personnelle, confie Julien Hosmalin. Je précise tout de suite que je n’ai jamais vécu ce que subit Dario, mais j’ai grandi dans le sud de la France, en face d’une fête foraine, et j’ai été élevé par ma mère et mon grand frère, qui a été un peu le père que je n’ai jamais eu, puis qui s’est marginalisé à 15 ans en allant vivre dans une caravane. »
Initialement, le film aurait dû se tourner dans le Sud, mais le Covid est passé par là, les difficultés économiques également, et c’est finalement en Belgique, dans un décor d’usines désaffectées, que l’équipe a trouvé son bonheur : « Mon chef opérateur, qui est luxembourgeois, connaissait les lieux et m’a rassuré sur la capacité à générer un no man’s land un peu intemporel et, de fait, je n’ai pas de regrets, même si j’ai dû réadapter un peu le scénario en troquant la mer Méditerranée contre des usines. »
Un décor un peu western qui colle finalement bien à l’histoire : « Ces usines en démolition, cette désindustrialisation, cet ancien monde qui s’écroule, ça m’a fait penser à ces familles qui vont entrer en collision et s’effondrer une fois ce secret du passé révélé », indique Julien Hosmalin.
Contraint de repenser son casting, le réalisateur a bénéficié d’un coup de pouce du comédien Nassim Lyes. « Il a eu un coup de cœur pour le scénario. Il ne pouvait pas faire le film, mais il m’a présenté Tewfik Jallab, qui m’a assuré que, quel que soit le moment où l’on tournerait le film, il serait là. Il a tenu parole pour incarner Ryan. Pour le rôle de Dario, des amis communs ont fait lire le scénario à Adam Bessa (Harka, Les Fantômes), avec lequel on partage une certaine vision du cinéma que l’on a envie de faire. »
Interdit aux moins de 12 ans, le film contient quelques scènes très violentes, mais toujours au service de l’histoire : « Je voulais montrer jusqu’à quel point on peut basculer dans cette rage, cette violence, mais je la montre uniquement dans la vengeance, quand elle est sincère, radicale, qu’elle colle au personnage, insiste Julien Hosmalin. Pour le reste, elle est complètement hors champ. J’ai surtout voulu faire un film sur la résilience, pas un revenge movie, mais plutôt quelque chose qui secoue. » Mission accomplie.
« Sans pitié », de Julien Hosmalin, en salle dès ce mercredi 14 janvier 2026. Avec Adam Bessa, Tewfik Jallab, Bérengère McNeese…