Chaque mois, jusqu’à la sortie de l’École du Nord en juin 2027, Planète Lille vous fait découvrir les élèves qui composent le Studio 8. Aujourd’hui, Mathilde Ngasi, élève en écriture, dramaturgie et mise en scène…
Si on lui avait dit, il y a encore quelques années, qu’elle ferait partie des quatre élèves retenus dans la section écriture du Studio 8 de l’École du Nord, la jeune femme ne l’aurait sans doute jamais cru. « L’écriture me faisait extrêmement peur car je souffre de dyslexie. Quand j’étais au lycée, je perdais énormément de points à cause de ça, confie-t-elle. C’était un challenge d’entrer dans une telle filière. Heureusement, nous sommes bien accompagnés par différents intervenants comme Penda Diouf ou Marc-Antoine Cyr, des auteurs qui prennent le temps de nous former et qui m’ont permis de me rendre compte qu’être autrice, ce n’est pas inné, ça s’apprend : il y a des clefs, des méthodes. Je vois déjà une évolution. »
L’an passé, avec un autre élève, Nam Durieu, on a écrit une pièce sur le disco. On a réalisé à quel point écrire pour le théâtre était différent d’écrire une fiction, un roman ou des choses plus personnelles. Il faut penser au comédien, au plateau, à l’espace. Je pense qu’on apprend toute sa vie. »
Celle de Mathilde Ngasi ne devait initialement pas passer par les planches. « J’avais commencé des études de psychologie mais j’ai abandonné au bout de deux mois. Je n’étais pas du tout à ma place. Et puis il y a eu le confinement, durant lequel j’ai appris la couture en autodidacte, explique-t-elle. J’ai commencé par recycler de vieux vêtements pour en faire de nouveaux, et ça m’a donné l’idée de devenir costumière. Je me suis inscrite en licence d’études théâtrales. J’ai fait ma première année à Montpellier, puis je suis venue à Lille et, pour me faire un peu d’argent de poche, j’ai commencé à travailler comme ouvreuse au Théâtre du Nord. J’ai rencontré des élèves du Studio 7 qui m’ont parlé de l’école. J’ai tenté ma chance, j’ai été acceptée et, depuis, je me suis prise de passion pour les costumes mais aussi pour la scénographie, la mise en scène, la lumière et les textes, alors que je ne pensais pas avoir ma place ici. »
Si elle partage quelques cours en commun avec tous les élèves, comme la danse, le chant, le sport ou l’anglais, Mathilde Ngasi passe surtout du temps avec ses trois autres camarades spécialisés dans l’écriture et la mise en scène. Elle a aussi eu l’occasion de partir en stage, notamment à Bruxelles auprès d’Armel Roussel, pour observer son travail sur son projet « Soleil », programmé il y a quelques mois au Théâtre du Nord.
L’un des gros défis de cette année 2026 réside dans les reprises de la création de la promotion : « 12 Trumps en colère ». « Marlène Saldana et Jonathan Drillet, qui ont fait la mise en scène initiale, sont désormais occupés sur d’autres projets et c’est à nous de reprendre l’exercice, indique-t-elle. Comme ça parle d’actualité, on doit repérer à chaque fois qu’il se passe quelque chose avec Trump, faire une sorte de veille médiatique et réactualiser la pièce si besoin. »