Planète Lille a décidé d’aller à la rencontre des élèves du Studio 8 de l’École du Nord, rattachée au Théâtre du Nord à Lille. Chaque mois, jusqu’à la fin de leur cursus, en juin 2027, nous vous présenterons l’un(e) de ces dix-neuf artistes en herbe. Quatrième rendez-vous avec Lucas de Oliveira…
On n’ira pas jusqu’à dire qu’il est l’enfant du pays, mais, originaire de Beauvais, Lucas de Oliveira est le seul représentant des Hauts-de-France de la promotion. Pendant quatre ans, c’est pourtant à Paris qu’il est allé apprendre le métier, après son baccalauréat, au sein du Studio Muller.
À l’époque, le jeune homme s’imaginait plutôt acteur de cinéma que de théâtre. Dans ses bagages, il avait déjà de nombreuses années de théâtre d’improvisation, une discipline commencée alors qu’il n’avait que cinq ans, pour faire comme ses grands frères. « Monter sur scène a toujours été un immense plaisir, un lieu de rigolade », assure-t-il.
Avant de rejoindre l’École du Nord à Lille, Lucas de Oliveira a aussi eu l’opportunité de prendre part à quelques spectacles, notamment « La Guerre de l’eau », une création de Rémi de Vos, ou encore à un spectacle de cabaret de quatre heures baptisé « Sortir de la nuit ».
Habitué à sortir un peu du cadre, le jeune homme reconnaît avoir connu quelques montagnes russes émotionnelles depuis son arrivée au Studio 8 : « On m’avait dit que le fait de venir de l’improvisation allait être une force au début, puis que ça allait devenir un problème avant de redevenir une force, et c’est exactement ce qui s’est passé, indique-t-il. Je ne suis pas quelqu’un de stressé, j’ai même plutôt hâte et envie d’aller au plateau, donc ça m’a permis de ne pas me mettre, dans un premier temps, trop de pression dans le travail. Mais ensuite, lorsque c’était demandé, j’ai eu du mal à trouver la notion de cadre. Ça a été compliqué jusqu’à ce que j’arrive à manier les deux. »
Lucas de Oliveira estime avoir réussi à désacraliser le plateau : « Pour moi, c’est une sorte de grand bac à sable pour jouer, précise-t-il. Le fait d’être à fond, d’y aller sans trop me poser de questions est, je pense, l’une de mes qualités. À un moment, on m’avait même parlé de faire du stand-up, d’autant que j’ai un grand frère qui écrit pour certains humoristes, mais je n’ai pas voulu en rajouter. J’adore le stand-up, mais j’ai vraiment envie d’être avant tout comédien. J’ai même mis l’improvisation de côté, au moins durant mes années à l’École du Nord. »
Ravi de multiplier les projets, « même si cela peut parfois avoir un côté vertigineux », il aimerait avoir le don de bien chanter, mais c’est surtout à l’écriture qu’il souhaite se consacrer davantage. « Je m’y suis aventuré lors de certains stages et cela m’a plu, confesse-t-il. On a parfois des intervenants qui nous proposent des cartes blanches ; cela avait été le cas avec Armel Roussel, et j’ai pris un vrai plaisir à écrire des choses qui sortent de ma tête et de mon cœur. »