Julien Gosselin, l’un des premiers enfants prodiges de l’école du Nord

15/11/2023 | Actualités, Spéctacles, Théâtre/Humour

Julien Gosselin a mis en scène la fin du monde. Photo Simon Gosselin

Reliée au théâtre du Nord depuis sa création en 2003, l’école professionnelle supérieure d’art dramatique de Lille, rebaptisée en 2014 école du Nord, forme depuis vingt ans, les comédien(ne)s et metteurs en scène de demain. Sous la responsabilité de David Bobée depuis 2021, après avoir été entre les mains de Stuart Seide puis de Christophe Rauck, elle a déjà mis le pied à l’étrier à de nombreux talents que nous vous proposons de découvrir. On ouvre le bal avec Julien Gosselin, issu de la deuxième promotion. 

Déjà considéré par ses pairs comme l’un des metteurs en scène les plus doués de sa génération, Julien Gosselin, 36 ans, n’a pas hésité, depuis une dizaine d’années, à casser les codes pour imposer sa patte dans le monde du théâtre. Son dernier spectacle « Extinction », qui sera joué ce samedi 18 novembre (16 h) au phénix de Valenciennes, a séduit public et critique au festival d’Avignon avec notamment une ouverture inattendue d’environ 1 heure sous forme de bal électro mené par deux musiciens du coin, le Roubaisien Maxence Vandevelde et Guillaume Bachelé, partenaire de promo du metteur en scène.

Une heure de concert sur les cinq que dure cette apocalypse dont Julien Gosselin rêvait depuis longtemps : « Je voulais faire un spectacle sur la fin du monde depuis des années mais à chaque fois je renonçais ou je ne le faisais que partiellement, avoue-t-il. Là, j’ai eu envie de clore le chapitre. »

L’une de ses marques de fabrique réside dans les formats, toujours longs (de 4 à 11 h), de ses propositions théâtrales depuis la création de sa compagnie « Si vous pouviez lécher mon coeur ». Un nom donné en référence à un gimmick entre élèves de la deuxième promotion : « ça vient d’une phrase issue de « Shoah » qui dit « Si vous pouviez lécher mon coeur, vous mourriez empoisonné », explique Julien Gosselin. Stuart Seide nous répétait tout le temps que c’était très Shakespearien comme phrase. »

Un clin d’oeil aussi à ces trois « merveilleuses » années lilloises qu’il n’avait pourtant pas du tout envisagées : « J’ai commencé à travailler avec Pierre Foviau du Bateau feu à Dunkerque. À l’époque, je ne voulais pas d’un parcours passant par une grande école mais quand celle-ci s’est implantée dans la région, il m’a dit que c’était une chance et que même si je n’en avais pas envie, ce serait bien que je la fasse, sourit-il. Il a eu raison, Stuart Seide a été un professeur extraordinaire. Dès ma sortie, j’ai travaillé avec plusieurs acteurs de ma promotion et quelques uns des suivantes. j’habitais encore à Lille et je retournais régulièrement voir les travaux de l’école mais depuis que je vis entre Paris et Calais, je ne peux plus. » L’idée d’y revenir prochainement comme intervenant a néanmoins été évoquée avec David Bobée et lui conférerait un immense plaisir.

Il pourrait y transmettre son talent de la mise en scène: « je suis comme ces joueurs de quatrième division de football qui savent qu’ils vont finir entraîneur. Je n’étais pas un acteur extraordinaire, j’ai vite su que la mise en scène serait davantage pour moi », sourit-il.

Si le théâtre est sa passion, l’homme n’exclut pas de se tourner un jour vers le cinéma, la série ou l’opéra : « Ce sont aussi des domaines qui m’intéressent beaucoup et on me le propose donc je vais finir par m’y mettre mais ma vie, ce sont les salles de répétitions, utiliser la caméra, parler aux acteurs et actrices, travailler la lumière, le son, je ne m’en suis pas encore lassé, confie-t-il. Je voudrais que le théâtre ne s’arrête jamais, que les gens ne viennent pas juste passer 1 h 30 avant d’aller dîner. C’est pour ça que je suis un adepte des formats longs. Pour qu’ils puissent s’y fondre, un peu comme on rentre dans un très long roman, j’ai besoin de donner ça aux spectateurs. C’est plus complexe pour la disponibilité des salles mais ce n’est pas très grave de se compliquer la vie. Ce serait un peu triste de ne faire que des choses plutôt faciles. »

« Extinction » mis en scène par Julien Gosselin et proposé par le Théâtre du Nord, se jouera le samedi 18 novembre (16 h) au Phénix de Valenciennes.

Photo Simon Gosselin

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