« En tongs au pied de l’Himalaya », le combat touchant d’une mère pour son fils autiste

13/11/2024 | A l'affiche, Ciné

Audrey Lamy incarne une mère célibataire qui se débat pour aider son fils atteint d'un trouble autistique à bien grandir. Photo Le Pacte

Comment offrir un cadre propice à un bon développement à son enfant de 6 ans atteint d’un trouble du spectre autistique, lorsque l’on éprouve déjà toutes les peines à mener soi-même une vie stable. Pauline (Audrey Lamy) est séparée du papa de son fils Andrea (Eden Lopes), elle a du mal à joindre les deux bouts avec son petit boulot de serveuse dans un bar, elle vit chez son frère Valentin (l’excellent Benjamin Tranié), davantage adepte des substances festives que du travail.

Pas vraiment épaulée par un père qui essaie maladroitement de montrer son amour pour ses enfants en leur donnant un peu d’argent de temps en temps, Pauline est une maman dépassée par les événements, démunie, à l’image de quelqu’un qui devrait attaquer l’ascension de l’Himalaya en tongs, comme l’indique le titre de ce deuxième film de John Wax. « Elle est au pied d’une montagne mais elle va apprendre à devenir autonome pour et grâce à son petit garçon », souligne Audrey Lamy, qui se réjouit de l’évolution de son personnage. « Au début on se dit qu’elle s’y prend très mal, qu’elle n’a ni l’entourage ni le travail qu’il faut pour bien élever son petit garçon mais très vite on la comprend et on a même de l’empathie pour elle. »

La comédienne, juste et touchante démontre une fois encore dans ce film qu’elle n’est pas à l’aise uniquement dans des registres comiques. « J’ai eu un vrai coup de cœur en lisant le scénario, assure-t-elle. Il y avait tellement de choses à jouer, c’est un bonheur pour une actrice. J’ai adoré aussi que l’on soit dans un réalisme qui n’était pas plombant. Il y a des moments d’émotion mais on a pu amener de la comédie grâce aux personnages annexes qui gravitent autour de cette maman. »

« J’aime ces personnages de loser attachants, maladroits dans leur façon de parler, qui mettent mal à l’aise. C’était bien qu’il y ait ces moments de comédie, John (Wax) tenait absolument à ce qu’on ne soit pas dans le pathos car les familles qui vivent ça réellement ne sont pas là-dedans », confirme Benjamin Tranié, remarquable dans le rôle de Valentin, le frère de Pauline.

La réussite tient aussi au talent du jeune Eden Lopes qui joue le rôle d’Andrea : « On a eu de la chance d’avoir ce petit garçon car le succès du film repose beaucoup sur lui, assure Audrey Lamy. Si les spectateurs ne sont pas convaincus par lui, ils ne croient pas au film. »

La question de prendre un enfant vraiment autiste ne s’est jamais vraiment posée : « Très vite dans l’écriture, on savait qu’il y aurait des situations où l’enfant serait en crise et on ne peut pas mettre un enfant autiste dans cet état, ce serait de la maltraitance, confie John Wax. On a retenu, un gamin incroyable, très mature. Il a regardé des vidéos puis il a fait en sorte de trouver sa propre gestuelle. Il a aussi rencontré le fils de Marie-Odile Weiss, ma co-scénariste. »

Le film est d’ailleurs une adaptation du seule en scène de cette dernière : « Elle m’avait invité à la première qui fut en fait la dernière car les salles ont fermé le lendemain à cause du Covid. J’ai ri, j’ai pleuré et j’ai trouvé qu’il y avait vraiment matière à en faire un film, on a donc travaillé l’adaptation ensemble, indique le réalisateur. Il a fallu créer des personnages autour, ce qui a entraîné la création de cette famille dysfonctionnelle. L’idée était que ce ne soit pas un gag mais que ce ne soit pas non plus trop plombant, car les parents qui sont dans cette situation vivent des choses très dures mais il n’y a pas que de la souffrance, il y a des petites victoires du quotidien, des moments de rigolade. » Entre l’émotion et le rire, John Wax a trouvé le bon équilibre pour réussir cette comédie drôle et sensible.

« En tongs au pied de l’Himalaya », de John Wax, en salle depuis ce mercredi 13 novembre. Avec Audrey Lamy, Benjamin Tranié, Naidra Ayadi et Nicolas Chupin.

Photo Le Pacte.

Louvia Bachelier, du commissariat de Sète à la brigade de Léo Mattéï

Il y a quelques mois, Jean-Luc Reichmann, créateur et acteur principal de la série Léo Mattéï, avait effectué un petit...

Karim Duval : « Une intelligence artificielle n’a pas d’humour »

L’humoriste Karim Duval sera ce mercredi 4 mars (20 h) au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais avec son spectacle «...

Anne Roumanoff a gardé intact son plaisir de monter sur scène

Elle a beau entrer sur scène avec des gants de boxe dans son dernier spectacle, « L’expérience de la vie », qu’elle jouera...

Alex Brasseur aime avant tout les scènes chorales dans DNA

Avec Ingrid Chauvin, sa compagne à l’écran, Alex Brasseur forme depuis 2017 le couple phare de « Demain nous appartient »,...

Gwendal Marimoutou a voulu créer des moments inédits sur cette tournée I Gotta Feeling

Dans trois jours, le mercredi 25 février, le Zénith de Lille va s’enflammer au rythme des tubes des années 2000 avec le...

Notre sélection de spectacles du 23 février au 1 mars 2026

 Chaque samedi, nous vous livrons désormais nos suggestions de sorties dans la métropole lilloise pour la semaine suivante…...

Maud Baecker redonne vie à Monet au théâtre

Le grand public l’a probablement découverte dans la série quotidienne de TF1, Demain nous appartient, où elle incarne Anna...

Avec « Drache », MDNS déverse son Lille intime dans un nouvel EP

Moins de deux ans après son premier album « Posthume », le Lillois MDNS(prononcez Madness) sort ce vendredi un nouvel EP...

Vincent Desagnat : « La protection de l’enfance, ça me parle »

L’ancien trublion du Morning Live, des Bratisla Boys et des différents films de Michaël Youn apparaît de plus en plus dans...

« Le rêve américain » ou la preuve que rien n’est impossible

Il y a des films qui sont là pour distraire, véhiculer des émotions, passer des messages, faire réfléchir… « Le rêve...
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x