
Les femmes de ménage ont la cote ces dernières années dans les séries françaises. Dans le sillage d’une Morgane Alvaro (Audrey Fleurot) devenue flic de choc dans HPI, la série Clean, diffusée à partir de ce vendredi 4 avril (21 h 10) sur M6, transforme des techniciennes de surface en espionnes.
« Nous n’avions pas prévu quand on a commencé à écrire que d’autres s’intéresseraient aussi à cette profession, sourit l’une des créatrices Claire LeMarechal mais ça raconte évidemment quelque chose de l’époque. Ce sont des personnages invisibles de notre quotidien dont on peut faire des héroïnes. »
« Je trouve super tout ce qui peut contribuer à une forme de diversification, confirme Alix Poisson, qui incarne l’une de ces ces femmes de ménage. Que l’on représente des personnages qui font des métiers différents, qui parlent des langues différentes, qui ont des physiques différents, ça me réjouit fortement. Je me suis rendue compte que j’ai tourné à 90% des personnages qui sont CSP+. Ça veut dire qu’il y a quand même toute une partie de la population qui n’est pas du tout représentée. »
Dans Clean, Alix Poisson est donc Lola, une jeune femme en plein divorce, sur le point de perdre la garde de ses enfants et qui en découvrant les magouilles d’un employé de la banque où elle fait le ménage, va décider de l’espionner et de profiter de ses informations pour jouer en bourse afin de régler ses galères financières. Elle va pour cela se transformer en véritable espionne avec la complicité de quelques collègues interprétées par Thaïs Vauquières et Léonie Simaga.
Alix Poisson avoue ne pas avoir beaucoup de similitudes avec son personnage, « On partage une combativité, une forme d’énergie mais Lola est bien plus tête brûlée que moi et entre naïveté, inconscience et désir de vengeance vis-à-vis de son ex-mari, elle a tendance à ne pas s’arrêter lorsqu’il le faudrait. » La comédienne s’est, en revanche, régalée à jouer les James Bond avec plumeaux et gants en latex. « C’était un pur régal, un bonheur enfantin de jouer un tel rôle et d’avoir des micros à cacher, des casques pour espionner les conversations, confesse-t-elle. Ce que j’ai aimé aussi, c’est que c’était crédible car elle ne devient pas une professionnelle de la finance en deux heures en écoutant des podcasts, elle navigue à vue jusqu’au bout. Il y avait plein de strates à jouer, c’était intéressant. »
Un plaisir qu’elle doit aux créateurs de la série qui ont décidé d’une adaptation libre de la série britannique d’origine « Cleaning up » : « L’idée originale était intéressante mais partant dans une direction qui nous passionnait moins avec une héroïne souffrant d’une addiction au jeu. On préférait insister sur le plaisir qu’elle prend à faire ses arnaques et à commencer à gagner de l’argent. On a donc pris la liberté d’amener une part de création en partant dans un autre sens, avec l’envie de faire quelque chose de plus ludique, plus pop, plus « feel good » en essayant de rester dans la réalisme de la situation », précisent les scénaristes. « La difficulté c’était ce mélange de genres entre le côté film d’espionnage et l’aspect familial avec les questions de charge mentale, de combat mené par cette femme pour ses enfants. »
L’alchimie du trio d’actrices principales contribue évidemment à la réussite de la série. La réalisatrice Cathy Verney avait coché d’emblée le nom d’Alix Poisson. Elle a, par ailleurs, eu un vrai coup de coeur pour l’humoriste, chroniqueuse et comédienne Thaïs Vauquières (Sambre, Master Crimes) lors des essais. « Un casting, c’est un Tétris et l’alchimie qui se crée ou pas sur le plateau, c’est quelque chose de difficile à expliquer mais là avec Alix (Poisson), Léonie (Simaga) et Thaïs (Vauquières), ça a été comme une évidence », se réjouit-elle.
« Clean », 4 épisodes, dès ce vendredi 4 avril (21 h 10) sur M6.