Le rendez-vous aurait dû exister depuis des décennies mais, étrangement, à la différence du cinéma, du théâtre ou de la chanson, l’humour ne possédait pas, jusqu’à l’an passé, sa cérémonie de remise des prix.
Depuis l’an passé, c’est chose faite à l’initiative de l’association « La Communauté de l’humour » et c’est encore à Lille, au Nouveau Siècle, qu’a été organisée lundi soir la deuxième édition, avec une invitée de prestige : Muriel Robin, accompagnée de son épouse, la comédienne Anne Le Nen, qui s’est vue remettre un Auguste d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
« Ce prix, je le prends comme une preuve que tout ce qu’on a partagé depuis 40 ans a compté, c’est grâce au public qui a toujours été fidèle. Ça veut dire que vous avez aimé mes accessoires et mes coiffures ratées », s’amusait-elle. « Je ne suis pas montée sur scène pour être connue mais pour me sentir vivante et, comme j’ai promis à mon épouse de vivre jusqu’à 104 ans, vous aurez l’occasion de me remettre un autre prix d’ici une vingtaine d’années. »
« Je ne dis pas ça pour faire plaisir mais mon premier fou rire devant un humoriste, c’était avec un sketch de Muriel Robin », confie Alex Ramires. « Je suis tellement heureux d’être contemporain de cette femme, d’avoir eu la chance de la côtoyer un peu en coulisses, elle est toujours aussi drôle. »
L’humoriste, qui a beaucoup tourné avec son spectacle Panache, s’est aussi réjoui d’avoir assisté à cette cérémonie dans la capitale des Flandres. « Je viens souvent à Lille, pour Séries Mania, pour Lillarious, pour les Auguste et, petit scoop, même si je prépare déjà la suite, je vais repartir en tournée en septembre et j’espère évidemment refaire une date à Lille, une ville qui pèse de plus en plus sur le plan culturel. »
Cette soirée, animée par Marianne James, aidée par quelques pitreries d’Eliott Doyle, a été marquée par le franc-parler et le ton grinçant des différents remettants, dont les chroniqueurs radio Sébastien Thoen et Daniel Morin ou le présentateur de l’émission belge Le Grand Cactus, Jérôme de Warzée. Le jury de la cérémonie n’a d’ailleurs pas été épargné pour avoir choisi, dans deux catégories, de ne nommer aucune femme.
Petit regret : la plupart des lauréats n’étaient pas de la fête. Il a donc fallu se contenter de vidéos pour Élodie Poux (artiste de l’année), Marine Léonardi (vidéos sur le web), Yann Marguet (meilleur chroniqueur), ainsi que du discours du co-auteur de Constance (spectacle de l’année).
Tout juste sortie de scène, puisqu’elle jouait son spectacle Craquages à La Rose des Vents (une nouvelle représentation est prévue au même endroit, ce mardi 3 à 20 h), Marion Mezadorian (meilleur texte de spectacle) est arrivée sur le fil pour récupérer son trophée.
Hugo Pêcheur (révélation scène) et Inès (co-révélation scène francophone avec la Québécoise Mégan Brouillard) furent ainsi, avec Muriel Robin, les seuls récompensés présents.
Présentes pour remettre des prix, Anne de Petrini et la Nordiste Mélodie Fontaine ont néanmoins apprécié le moment. « C’est magnifique de faire rire et c’est légitime de récompenser ceux qui le font. Je trouve d’ailleurs très mystérieux que l’humour soit tellement méprisé artistiquement », confie la première, en espérant bien revenir jouer dans le Nord son spectacle À côté.
« On n’avait pas l’habitude mais c’est chouette. Comme disait Louis de Funès, il n’y a rien de plus dur que de faire rire », confirme la Nordiste, attendue en fin de semaine sur le gala Lillarious d’Élodie Poux, le 10 avril en solo à Lille Grand Palais, mais aussi, dès ce samedi, en première partie de Diane Segard au Zénith de Lille, un lieu qu’elle connaît par cœur pour y avoir travaillé il y a quelques années. « Me dire que je vais être sur cette scène, c’est complètement dingue.