Il était parti pour faire du bien physiquement aux gens et c’est finalement psychologiquement qu’il contribue au bien-être de son public. Devenu humoriste après avoir obtenu son diplôme de kinésithérapeute, Jean-Benoît Diallo a donc préféré jouer avec les mots qu’il délivre aux spectateurs plutôt que de composer avec les maux de ses patients.
Après un passage durant le festival Lillarious, où il avait été convié aux galas menés par Samuel Bambi, le jeune homme sera donc de retour à Lille le 1er avril au Splendid pour jouer son spectacle « Libre arbitre ».
« J’ai toujours baigné dans l’humour. À l’école, je faisais marrer mes camarades. Je ne m’en souviens plus, mais il paraît même que, plus jeune, j’avais annoncé que j’allais remplir de belles salles. Alors ce changement de cap a dû s’opérer naturellement, estime-t-il. Au début, je faisais mon métier de kiné en journée et, le soir, je faisais des scènes ouvertes. À l’époque, je faisais des personnages. J’ai fait ça quelques années et puis le Covid est arrivé et tout a été fermé. On n’a pas joué pendant un an et demi, je crois, et à la fin de la crise, j’ai décidé de changer un peu et de me lancer dans le stand-up. »
Jean-Benoît Diallo a ensuite intégré le Jamel Comedy Club en 2023. Tout s’est accéléré et il lui a fallu prendre une décision : celle de stopper son activité de kiné pour vivre pleinement son rêve sur scène.
Le Covid fut aussi un déclencheur de son envie de parler du libre arbitre : « Je regardais les informations comme tout le monde pendant le confinement et je voyais que, dès que quelqu’un donnait son avis, l’autre disait “n’importe quoi”. Ça ne s’écoutait pas, ça s’insultait entre les provax et les antivax et j’ai réalisé qu’on n’avait même plus le droit d’avoir une pensée, une réflexion, sans être tout de suite attaqué. J’ai commencé à écrire des choses autour de cette liberté et je l’ai élargie à d’autres thèmes que les vaccins. J’ai pensé à la religion, aux chaînes d’information en continu qui nous rabâchent tout le temps les mêmes choses, en me demandant si ça ne finissait pas par entrer dans nos cerveaux et nous enlever justement ce libre arbitre. »
Sur scène, Jean-Benoît Diallo aime aborder des sujets sociétaux et psychologiques, mais prend surtout un malin plaisir à mélanger les genres, toujours avec un humour un peu grinçant, un peu piquant. « Chacun a son style, mais c’est vrai que j’adore quand ça décape, confesse-t-il. Quand j’aborde les questions de religion, j’en vois toujours quelques-uns dans la salle qui sont un peu heurtés, parce qu’ils sont touchés dans leur foi, mais je considère que les gens qui viennent me voir ont assez de recul pour en rire. Je ne vais pas changer les gens, je suis là avant tout pour les faire marrer, mais si je peux aussi faire un peu réfléchir, c’est le bonus. »
L’intéressé pense-t-il posséder lui-même son libre arbitre ? « Je pense qu’on n’a pas vraiment de libre arbitre, mais qu’on peut essayer de s’en approcher. Est-ce vraiment moi qui ai décidé de monter sur scène ou est-ce parce que, depuis mes 4 ans, ma mère, mes frères et sœurs regardaient toujours des humoristes avec des VHS d’Elie Kakou et de Mister Bean qui tournaient en boucle à la maison ? »
L’homme sait, en revanche, déjà qu’il aura aussi envie de passer de l’autre côté de la barrière en écrivant pour des camarades : « Ça me plairait d’écrire et de mettre en scène des spectacles. Il m’arrive déjà de regarder des copains et de leur dire : “Là, tu pourrais ajouter ça” ou “Là, tu pourrais essayer ça”. Je trouve génial d’observer la personnalité des gens et d’essayer de les guider, de polir le petit diamant pour en faire quelque chose de super. »
Jean-Benoît Diallo jouera son spectacle « Libre arbitre » au Splendid à Lille, le mercredi 1er avril (20 h).