Moins de deux ans après son premier album « Posthume », le Lillois MDNS(prononcez Madness) sort ce vendredi un nouvel EP généreux (7 titres) qu’il a baptisé « Drache », en forme de clin d’œil à la région. « On avait pas mal de titres, on aurait presque pu faire un deuxième album, mais on voulait quelque chose de plus léger à réaliser, précise-t-il. J’ai pris le temps d’aller à la rencontre des gens, et ce que je raconte dans cet EP, c’est tout mon état d’esprit de ces dernières années, ma vie de Lillois. J’ai habité sept ans au-dessus d’un bar, je descendais tous les soirs boire un verre et discuter avec des gens de tous les âges, de toutes les classes sociales, ça a été hyper enrichissant et une vraie source d’inspiration. »
Si la musique est entrée très tôt dans sa vie, MDNS a longtemps refusé l’idée d’y faire carrière : « J’étais passionné de musique, mais comme mon père était guitariste et qu’il jouait tout le temps, ça me saoulait, sourit-il. Et puis au collège, j’étais assez révolté et j’ai commencé à écrire des textes sur plein de sujets différents, et j’ai décidé de les mettre en musique, en commençant par du rap, car c’était mes influences de l’époque, même si mon père m’avait fait écouter plein d’autres choses. »
Son évolution s’est faite grâce à un voisin, Corentin, qui lui a filé plein de CD, du métal, du néo-métal. « J’ai écouté Korn, Pantera, Motörhead et puis, très vite, je suis tombé dans le punk. J’ai voulu faire du rap extrême avec des influences punk, explique-t-il. J’ai posté mes sons sur la plateforme SoundCloud, j’ai essayé de ramener en France des sons qui me plaisaient, comme ceux de XXXTentacion ou $uicide Boy$, et rapidement une communauté s’est créée. Les gens me suivaient, et c’est là que j’ai réalisé qu’il y avait quelque chose à faire. »
Après une première expérience avec le groupe Syndrome, MDNS a noué des liens avec Train Fantôme. « Ils m’ont convié à des shows à Paris, je les ai invités à des concerts à Lille, et on a remanié le groupe en le transformant en un véritable collectif d’artistes. On a encore des morceaux qui dorment, mais le projet est un peu en pause, car on se concentre tous un peu sur des projets solos en ce moment. »
Initialement soucieux de rester indépendant, le Lillois ne regrette pas aujourd’hui d’avoir rejoint le label Cinq7 de chez Wagram. « Ce sont des gens motivés qui croient au projet, qui ne me disent pas que je dois faire de la pop, ils me laissent une vraie liberté, apprécie-t-il. Humainement, ce sont des gens bien, pas des producteurs véreux comme j’ai pu en rencontrer au début. »
D’ici quelques semaines, MDNS va réaliser l’un de ses rêves en se lançant dans une tournée qui passera notamment par l’Aéronef de Lille le 3 avril. « Je suis juste trop excité, je viens dans cette salle depuis que j’ai 14 ans, s’enthousiasme-t-il. J’y ai vu tous mes groupes préférés. C’est un truc de fou, une consécration, c’est une salle qui fait partie de la culture alternative lilloise et qui fait passer tous les groupes de rock. »
« Drache », le nouvel EP de MDNS, est disponible. MDNS sera en concert le vendredi 3 avril à l’Aéronef de Lille (complet) et le samedi 18 avril au Théâtre de poche à Béthune.