Une poupée sans passé mais pas sans avenir

23/04/2026 | A l'affiche, Ciné

Vincent Macaigne, Zoé Marchal et Cécile de France, un casting de choix pour La Poupée. ©Renaud Konopnicki

Meurtri par une rupture douloureuse et trop inquiet de souffrir à nouveau, Rémi (Vincent Macaigne) a décidé de partager sa vie avec une compagne bien particulière : une poupée grandeur nature répondant au prénom d’Audrey (Zoé Marchal), qu’il installe à table quand il mange, dans le canapé quand il regarde un film et dans le lit quand il dort.

Même s’il est contraint de mentir en permanence à ses collègues, Rémi semble se satisfaire de sa situation, jusqu’au jour où sa poupée prend vie. Un choc qui s’accompagne d’un autre bouleversement au travail avec l’arrivée d’une intérimaire, Patricia (Cécile de France), qui va aussi bousculer son quotidien.

Pour son premier long métrage, intitulé La Poupée, Sophie Beaulieu s’est inspirée d’un reportage télévisé sur des hommes aux États-Unis qui vivaient, eux aussi, en secret une idylle avec des poupées. Plusieurs voies s’offraient à elle, mais la réalisatrice a délaissé la piste du film d’horreur, limitée au strict nécessaire (le passage à la vie de la poupée), ainsi que celle du film fantastique, optant plutôt pour une comédie, avec le bon goût de ne pas basculer dans le graveleux. « J’aurais aussi pu imaginer que cette poupée se venge en prenant vie, qu’elle soit flippante ou alors partir sur quelque chose de plus fantastique, mais j’avais envie de rester sur des sujets simples du quotidien, sur une certaine vision de la femme, et notamment de la femme-objet, et je ne voulais pas accabler les hommes de ce film, qui ne sont pas des méchants mais juste des personnes en détresse et sincèrement amoureuses. »

« Quand on m’a envoyé le scénario en me disant que j’allais jouer une poupée qui s’éveille à la vie, j’avoue que je me suis posé des questions, avoue de son côté Zoé Marchal. J’avais peur qu’elle soit un peu bête, mais j’ai adoré l’histoire, le fait qu’elle soit très premier degré mais intelligente. Sans être moralisatrice, la série véhicule tout de même quelques messages féministes. »

La jeune comédienne s’est amusée à se voir en poupée : « Je n’ai pas trouvé ça étrange, c’était plutôt amusant de me voir toute préparée, toute maquillée, quelque chose que je ne fais pas souvent dans la vraie vie. C’était original. Je pense qu’on ne me reproposera plus jamais un tel rôle. Finalement, ce qui est très intelligent, c’est qu’à travers cette histoire de poupée qui prend vie, Sophie raconte l’histoire de l’émancipation d’une femme qui n’a pas été façonnée par son éducation, ses parents ou l’école. Elle arrive avec une page blanche et, très vite, elle va devenir ce qu’elle a envie d’être. »

« Audrey n’a pas d’histoire, pas de schémas, pas de préjugés. Du coup, elle pose des questions pleines de bon sens. Il n’y a pas de jugement, et l’idée, c’est juste de susciter une petite réflexion et de se dire qu’il y a des choses qu’on ne remet pas vraiment en question. À travers cette poupée, on peut mettre le doigt sur de petites assignations, des biais ou des constructions. En fait, elle s’émancipe et elle déconstruit. »

Pour incarner cette poupée, Zoé Marchal cumulait tout ce que Sophie Beaulieu recherchait : « Elle a cette manière de jouer un peu sans filtre, très spontanée, elle est drôle et, dès les premières auditions, elle a compris qu’il ne fallait pas être nunuche ou petit oiseau, mais être sincère, naturelle, authentique. Enfin, ce qui était très important, c’est qu’elle a ce physique qui peut faire bimbo-poupée, mais qui peut aussi se transformer, être plus naturelle tout en restant attirante. »

Pour les autres rôles principaux, Vincent Macaigne possède, de son côté, « une fantaisie, une intelligence sensible, une forme de poésie qui fait que le spectateur accepte l’idée qu’il vive avec une poupée sans que ce soit glauque. Le personnage de Rémi est amusant et touchant », poursuit Sophie Beaulieu. Enfin, Cécile de France constituait à ses yeux une évidence : « Elle représente un idéal féminin, quelqu’un de très spontané, très naturel. Elle a aussi ce côté clownesque ; c’est elle qui a voulu avoir cette coiffure frisottée. Elle apporte le décalage à ce personnage de Patricia, toujours dans l’adaptation, ouverte aux autres mais en même temps très libre, sans peur du jugement des autres. »

« La poupée », un film de Sophie Beaulieu. Avec Zoé Marchal, Cécile de France, Vincent Macaigne… En salle depuis ce mercredi 22 avril 2026.

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