Quand l’admiration tourne à la dévotion et finit par virer à l’obsession : c’est tout ce que raconte Paolo, la nouvelle série diffusée depuis ce 24 mars sur HBO Max et qui avait séduit lors de sa présentation au mois de mars au festival Séries Mania à Lille.
Le réalisateur Sébastien Marnier a su conserver toute l’atmosphère fascinante et troublante de son premier roman, Mimi, dont il signe l’adaptation télévisuelle.
Une véritable plongée dans les coulisses d’une campagne électorale, celle des municipales, menée par le charismatique Téophane (Yoann Gasiorowski, sociétaire de la Comédie-Française), poussé par toute une équipe que va rejoindre l’étonnant Paolo, brillamment incarné par Jérôme Niel.
« Mon père était élu, ma mère travaillait avec des politiques, donc c’est un sujet qui a été très présent à la maison durant mon enfance, qui a suscité des discussions, parfois même des affrontements avec mon père, confie Sébastien Marnier. Ce sont des souvenirs marquants, notamment ces soirées électorales que l’on regardait tous ensemble. Et on a opté pour les municipales car c’est la vraie politique de terrain, le travail de porte-à-porte, de tractage. C’est tout ce folklore que j’avais envie de filmer. »
L’homme a rapidement choisi de ne pas trop s’attacher à son roman. « On a gardé une espèce d’ossature, l’architecture, mais très vite, on est allé chercher du côté du thriller et le format de la série permettait d’aller beaucoup plus loin, mais aussi d’actualiser, car le bouquin avait quinze ans. La société a pas mal changé sur ce laps de temps. »
Pour incarner Paolo, Jérôme Niel a beaucoup discuté avec Sébastien Marnier. Il a aussi travaillé avec un coach, Daniel Marchaudon, pour évoquer les arcs narratifs du personnage. « C’était quand même un sacré défi car c’est un personnage complexe, qui nage en eaux troubles et sombre petit à petit dans la folie. »
Paolo, une série en 7 épisodes, disponible sur HBO Max, réalisée par Sébastien Marnier. Avec Jérôme Niel, Yoann Gasiorowski, Magali Lépine-Blondeau et Marie Oppert.