Chacun de ses passages dans la région est un enchantement et la promesse d’une soirée riche en émotions et en énergie positive. Lille aime Lynda Lemay et la réciproque vaut également, à en croire l’artiste québécoise, qui se réjouit de revenir dans le Nord, ce mercredi 28 et jeudi 29 janvier, au théâtre Sébastopol, pour l’une des dernières dates d’une aventure au long cours. « C’est ma salle préférée et le public y est toujours en feu, ce sont donc des retrouvailles que j’attends avec impatience », assure-t-elle.
Tout est parti du projet fou de réaliser 11 albums de 11 titres en 1 111 jours, soit un peu plus de trois ans, le temps généralement nécessaire pour la majorité des artistes à la réalisation d’un seul album. Un challenge réussi qui a bien évidemment trouvé son prolongement dans une tournée d’abord baptisée La vie est un conte de fous, qui s’est transformée en La onzième folie.
« C’est vraiment la dernière ligne droite de ce grand projet et ça se termine avec encore plus de folie que jamais, s’enthousiasme-t-elle. Précédemment, on se permettait de demander au public de nous faire des demandes spéciales. Le spectacle se transformait de soir en soir. Là, j’ai décidé de construire quelque chose qui change un peu moins. On est toujours dans la spontanéité, parce que c’est dans ma personnalité et celle de mes musiciens, mais les gens savent un petit peu plus à quoi s’attendre. C’est évidemment inspiré de toutes les demandes spéciales qu’on m’a faites, mais c’est aussi ponctué de nouveautés qui annoncent l’avenir. »
Dans une dizaine de jours, le vendredi 6 février, Lynda Lemay sortira un nouvel album, À fleurs de cordes, réalisé en duo avec Jean-Félix Lalanne. « C’est un nouveau concept avec rien d’autre que la guitare et ma voix. Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Ce n’était pas prévu, c’est le fruit d’un coup de foudre artistique, précise-t-elle. Jean-Félix est venu me voir à l’Olympia, il a beaucoup aimé mon univers musical et m’a conviée à participer au festival Autour de la guitare. Il est venu chez moi répéter et, sans qu’on se le dise dans un premier temps, on a rêvé chacun de notre côté de réaliser un album et un spectacle ensemble. Il fallait que ça existe, on n’a pas douté et, dès qu’on en a parlé, le lendemain nous étions en studio avec Yves Savard, mon guitariste au Québec. »
Lynda Lemay a repris quelques anciennes chansons, mais elle a aussi écrit cinq nouveaux titres, dont Les tapis d’aiguilles, où elle s’attaque à un sujet délicat :
« C’est l’histoire d’une relation entre une fillette de dix ans et un homme de quarante ans. Il a fallu que je fasse attention à chaque image que j’utilise, que ce soit bien compris dans le sens où je veux raconter l’histoire, insiste-t-elle. Il fallait que je m’assure qu’on ne soit pas dans le jugement de la situation, que l’on soit capable d’écouter l’histoire sans que ça fasse aussi mal que lorsqu’on la vit. C’est l’un des sujets les plus délicats que j’ai eu à aborder dans ma carrière, mais je crois que c’est plus fort que moi : j’ai cette envie de briser en poésie des silences trop lourds. »
Au-delà de ce nouveau titre, construire la « set list » de ce concert s’est apparenté à un vrai casse-tête, tant le répertoire déjà bien fourni de l’artiste s’est encore étoffé avec les onze albums sortis en trois ans. « C’est vrai que je n’ai pas le temps, en 2 h 15 de show, de raconter tout ce que je voudrais, admet-elle. J’établis une liste de chansons et puis j’y reviens cinq minutes plus tard parce que j’estime avoir oublié telle ou telle chanson. »
Lynda Lemay en concert ce mercredi 28 et jeudi 29 janvier au théâtre Sébastopol de Lille.