« On n’a qu’une vie, il faut foncer », assure Caroline Estremo

20/05/2025 | Actualités, Spéctacles, Théâtre/Humour

Caroline Estremo a décidé de raconter sa vie privée dans son nouveau spectacle. (c) Pierre Beteille

Toute sa vie, Caroline Estremo a eu à cœur de faire du bien aux gens. Dans sa première carrière professionnelle, c’est dans la peau d’une infirmière urgentiste qu’elle s’est occupée des autres mais depuis quelques années, c’est sur scène et par le rire qu’elle met son talent au service de ceux qui viennent la voir en quête d’une dose de bonne humeur. Après le succès de son premier seule en scène, elle revient avec un spectacle très intime, « Normalement », qu’elle jouera le 23 mai à Aulnoye Aymeries puis le 19 novembre à Lille.

Caroline, après votre vie professionnelle, vous nous faîtes pénétrer dans votre sphère privée, qu’est-ce qui vous a décidée à opter pour cette thématique ?

« Dans mon premier spectacle, « J’aime les gens », je parlais des conditions de travail des infirmières avec humour. J’aurais pu continuer sur ce thème mais je ne voulais pas prendre le risque d’être redondante et comme j’ai vécu une histoire d’amour qui a chamboulé ma vie, je me suis dit que la raconter pourrait aider les gens à prendre des décisions mêmes difficiles quel que soit le domaine, privé ou professionnel. On n’a qu’une vie, il faut foncer, ne pas avoir peur de tout plaquer et repartir à zéro. »

Lorsque l’on touche à des choses intimes, est-ce que l’on valide tout avec ses proches et avez-vous posé des limites avant d’écrire ?

« Je suis spontanée et je n’ai pas de tabous donc j’aurais pu tout raconter. C’est ma femme qui a servi de garde fou, qui a mis les limite. Je parle d’homosexualité, d’homoparentalité, je ne savais pas trop comment ça allait être reçu par le public même si les gens ne sont pas majoritairement homophobes, j’ai quand même vu ce qui pouvait circuler sur les réseaux sociaux de certains sur ces sujets. »

Quels principaux enseignements avez-vous tiré du premier spectacle pour construire le deuxième ?

« J’ai appris à être plus concise, plus efficace. Dans le premier spectacle, j’avançais avec le public au fur et à mesure, j’apprenais à peaufiner le texte, à voir si je tenais le bon ressort comique et je me sens aussi plus légitime. J’avais la sensation d’être l’infirmière qui faisait des blagues, là je suis moins gênée de dire que je suis humoriste. »

Au-delà de divertir, j’imagine qu’il y a l’espoir que ce spectacle amène plus de tolérance dans les familles qui apprennent l’orientation sexuelle d’un des leurs. Avez-vous déjà eu des retours en ce sens depuis que vous jouez le spectacle ?

« J’ai un peu de tout. Des gens plus âgés, qui ont vécu cette situation à une époque où c’était encore mal vu et qui trouvent ça bien de pouvoir donner une visibilité à ces orientations sexuelles qu’on ne choisit pas ; il y a des personnes qui sont en transition, encore en questionnement, et ça les rassure de voir ce qui est possible et puis il ya ceux qui n’y arrivent pas encore, qui ne sont pas prêts ; les familles qui ont encore besoin d’un temps de digestion, celles qui ont digéré ; des mères qui avouent avoir mal réagi au début… Si ce spectacle peut envoyer des messages de tolérance, l’objectif sera atteint. »

Vous dîtes qu’il a fallu du temps pour vous sentir légitime, cette envie de faire de l’humour est arrivée à quel moment ?

«  Depuis toute petite, j’aime faire rire, j’avais fait un peu de théâtre plus jeune mais ça me semblait inaccessible d’être humoriste et puis on me disait de faire un vrai métier. En fait, un jour, j’ai balancé une première vidéo sur les réseaux sociaux, juste pour faire marrer le copines et puis ça a fait le buzz, il y a eu un effet boule de neige, des portes se sont ouvertes et aujourd’hui je réalise un rêve d’enfant et au moins mon diplôme est un bon filet de sécurité. Si un jour je ne fais plus rire, je retournerais à l’hôpital. »  

Caroline Estremo sera ce mardi 27 mai (20 h 30) au théâtre Léo Ferré à Aulnoye Aymeries et le mercredi 19 novembre (20 h) au théâtre Sébastopol à Lille.

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