Depuis le début de la semaine, J’écris, le nouveau single de Laayka, est entre les mains du public. Une nouvelle étape importante dans le développement de cette jeune artiste originaire de Lens, avec un titre fort qui évoque le deuil d’un père et la lente et douloureuse reconstruction qui s’ensuit.
« La base de la musique, c’est de transmettre des émotions. C’est important que les gens ressentent ce que j’ai à dire, insiste-t-elle. Il faut que mon histoire personnelle puisse toucher un large public, que j’arrive à la rendre universelle. J’ai toujours écrit avec le cœur et, jusqu’à présent, ça a été plutôt bien reçu. »
Après avoir longtemps prodigué des soins pour soulager les maux des autres dans son métier d’aide-soignante, elle s’efforce, depuis quelques années, de le faire avec ses mots et sa voix. Autrice, compositrice et interprète, elle a eu le courage de se lancer dans le monde de la musique avec son manager, au sein de Phoenix Prod, une toute petite structure indépendante. Un choix qui lui offre une véritable liberté créative, mais qui s’accompagne forcément de quelques embûches. « Il a fallu tout apprendre, tout construire, reconnaît-elle. La musique a toujours fait partie de ma vie, j’ai toujours chanté, mais elle a pris une autre dimension il y a cinq ou six ans, quand j’ai commencé à poster des vidéos sur les réseaux sociaux. Je donnais rendez-vous aux gens tous les dimanches pour présenter mes compositions et ça a plu. C’est ce qui m’a donné envie de continuer et, même si ce n’est pas encore le cas aujourd’hui, de vivre pleinement de ma passion. »
Véritable autodidacte, Laayka n’a jamais pris de cours de chant et n’a pas non plus appris à jouer d’un instrument. « Ce qui m’oblige à travailler avec de très bons ingénieurs du son, mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas pour autant l’oreille musicale, sourit-elle. Je sais exactement ce que je veux, quand il faut mettre des violons ou des touches de piano. »
Le plus compliqué, quand on débarque dans un tel milieu sans la moindre connaissance et sans le soutien d’un gros label, c’est évidemment de pouvoir défendre sa musique sur scène. « J’ai eu la chance de participer récemment à une scène ouverte à Montigny-en-Gohelle, mais ce n’est pas facile d’obtenir des dates, déplore-t-elle. Je pense que ça ira mieux quand on aura sorti un premier EP, j’espère à l’été 2027. On a déjà sorti trois titres et il y en a cinq qui sont prêts, mais certaines chansons doivent encore être un peu améliorées. On sait que les programmateurs ont besoin de savoir qu’on dispose d’un répertoire un peu étoffé, même si je peux aussi l’enrichir avec des reprises. Je fais du R’n’B, mais je peux chanter plein de choses : Adele, Doechii, La Zarra, de la chanson française… »
Quand on n’a pas beaucoup de moyens, il faut avoir des idées. Et dans ce domaine, Laayka et son équipe ne manquent pas de ressources, comme en témoigne la création de « Laayka Story », de courtes vidéos diffusées sur les réseaux sociaux dans lesquelles la jeune femme présente sa démarche artistique. « On l’avait fait pour mon premier single, Un leurre. On voulait raconter l’histoire autrement, sous la forme d’une mini-série. Ça avait bien fonctionné : cela donne une autre facette du titre. On a donc renouvelé l’expérience pour J’écris. Je trouve que ça crée un lien plus fort avec les gens. Ils entrent vraiment dans l’histoire avec moi. »
Cette mise en scène face caméra pourrait-elle éveiller d’autres envies artistiques ? « Je ne ferme aucune porte, mais je me concentre pleinement sur ma musique pour le moment. J’ai déjà beaucoup à faire, rappelle-t-elle. Je pense que jouer son propre rôle ou incarner un personnage, ça doit être très différent. »
Le dernier single de Laayka « J’écris » est disponible sur Spotify et Youtube.