Fouler la scène du théâtre Sébastopol est un rêve parfois inaccessible pour de nombreux artistes. Alors forcément, s’y produire lorsque l’on fait partie d’une troupe amateur est une véritable fierté, mais aussi une lourde responsabilité.
Producteur, auteur, metteur en scène et compositeur du spectacle RévolutionS, Ambitions et Trahisons, à l’affiche du prestigieux établissement lillois le samedi 24 octobre à 20 h, Simon Calafiore est bien conscient des enjeux. Mais le jeune homme, professeur de biotechnologie (biochimie, biologie…) dans un lycée le jour et artiste le reste du temps, a toujours cru en sa bonne étoile.
Passionné depuis son plus jeune âge, il a pratiqué le violon pendant sept ans avant de se former en autodidacte au piano. Il a toujours manifesté un goût prononcé pour les comédies musicales. En 2018, il avait déjà créé une première association pour monter le spectacle Le Grimoire des ténèbres, joué à trois reprises devant un total cumulé de 600 spectateurs. Une belle expérience, freinée par le Covid, mais accompagnée de nombreuses louanges.
Après avoir éprouvé le besoin légitime de souffler, Simon Calafiore a décidé, il y a deux ans, de relancer un projet de plus grande envergure. « J’ai revu 1789 : Les Amants de la Bastille de Dove Attia et Albert Cohen, et ça m’a donné envie de faire quelque chose également sur la Révolution, mais sans reprendre la même histoire autour de Louis XVI et Marie-Antoinette. Je voulais plutôt raconter tout ce qui se passe autour », confie-t-il.
« On va dire que ça commence à l’aube de la prise de la Bastille et que ça va jusqu’au procès de Louis XVI. J’ai créé le personnage de Madame la Baronne, qui est manipulatrice, vénale, prête à tout pour arriver à ses fins et qui va être très proche de Louis XVI et de Marie-Antoinette. On va aussi suivre plusieurs personnages, dont Rose, une révolutionnaire. J’ai essayé de proposer un spectre d’émotions assez large, avec de l’humour, de la légèreté, mais aussi des passages plus lourds, plus profonds. »
Simon Calafiore a confié les chorégraphies à l’une de ses amies, Sophie Brulant, spécialiste du domaine, et s’est chargé de tout le reste. Le spectacle a été présenté une première fois en avril dans le petit village d’Inchy-en-Artois. Les musiques sont également accessibles sur les différentes plateformes.
Plusieurs clips ont déjà été diffusés, dont L’argent me fascine, tourné au château de Tilloloy, dans la Somme, avec Dorine Boulanger, qui incarne Madame la Baronne. « J’avais entendu plusieurs spécialistes des comédies musicales expliquer qu’il était important que les gens aient accès aux chansons en amont et qu’ils en connaissent déjà quelques-unes avant le spectacle », précise-t-il.
Petits signes du destin, Simon Calafiore a croisé plusieurs fois la route de Dove Attia, une figure incontournable des comédies musicales. « Quand ils ont tourné le clip de Ça ira mon amour pour 1789 : Les Amants de la Bastille, ils avaient organisé un jeu-concours que j’avais gagné. J’avais ainsi pu assister à une journée de tournage aux côtés de toute l’équipe. Plus récemment, je me suis retrouvé assis juste à côté de lui lors d’un concert à Lille, poursuit-il J’ai saisi l’occasion de lui parler de mon spectacle. Il m’a encouragé. Je l’ai invité à venir le voir et j’espère qu’il sera dans la salle et, si c’est le cas, que ça lui plaira. »
RévolutionS, Ambitions et Trahisons représente déjà un défi de taille, avec des décors imposants et une vingtaine de personnes mobilisées sur scène : huit comédiens-chanteurs, huit danseurs et quelques figurants qui participent également aux chœurs, sans compter les équipes techniques. Une belle machine à gérer, donc, avec l’espoir que ce rendez-vous soit le début d’une aventure plutôt que son apothéose. « Mon rêve ultime serait de composer des musiques pour des jeux vidéo, des films et des séries, confie Simon Calafiore. Mais j’ai déjà quelques idées en tête pour d’autres comédies musicales. »
RévolutionS, Ambitions et Trahisons, samedi 24 octobre à 20 h, au théâtre Sébastopol, à Lille. Tarifs : de 18 à 27 € ; de 7,50 à 13,50 € pour les moins de 10 ans. Le spectacle sera aussi au programme de l’Agora de Santes le 13 mars 2027 (19 h).