De nombreux concerts hommages à des artistes français ou internationaux sont programmées cette saison dans la métropole lilloise. Celui de Letz Zep, qui reprend les tubes de Led Zeppelin, s’annonce comme un grand moment au Nouveau Siècle de Lille, ce samedi 26 septembre. Entretien fleuve avec le chanteur Billy Kulke.
Billy, comment la musique de Led Zeppelin est-elle entrée dans votre vie ?
À l’époque de ma jeunesse, des amis apportaient des disques vinyles à l’école et nous faisaient découvrir la musique qu’ils écoutaient. Un jour, quelqu’un a apporté Led Zeppelin IV. Je n’avais jamais rien entendu de semblable auparavant. L’armée de guitares et le cri chargé d’émotion de Robert Plant dès le premier refrain de « Black Dog » semblaient faire voler les enceintes en éclats. Ce fut une véritable révélation. Depuis, je suis un immense fan. »
Qu’est-ce qui vous a particulièrement séduit ?
« Je trouvais l’ensemble du son absolument stupéfiant : je n’avais jamais rien entendu de tel. Chaque musicien était unique et apportait à la musique sa propre personnalité et ses propres influences. Led Zeppelin était véritablement la somme de ses membres ; je ne pense pas que cela aurait fonctionné de la même manière si l’un d’entre eux avait été remplacé. Ils mélangeaient le rock, le blues et le folk, avec un niveau d’interprétation extraordinaire qui attirait immédiatement l’auditeur. Leur écriture suivait rarement le format traditionnel couplet-refrain-couplet-refrain. Beaucoup de leurs chansons n’ont même pas de refrain traditionnel ni de véritable « accroche » ; à la place, la chanson entière devient un voyage qui captive l’auditeur. Il y avait une telle profondeur, une telle imagination et une telle vision dans leur musique. Après les avoir entendus pour la première fois, je suis allé acheter toute leur discographie et j’ai écouté leurs albums les uns à la suite des autres pendant des jours. »
Quelle chanson de leur répertoire préférez-vous, et pourquoi ?
Il y a beaucoup trop de grandes chansons pour n’en choisir qu’une seule. J’aime les morceaux acoustiques, comme « Going to California », mais aussi des chansons comme « The Rain Song », qui est, à mon avis, l’un des sommets de la carrière du groupe. Elle commence avec une délicatesse extraordinaire, puis gagne progressivement en couleurs, en puissance et en intensité. L’arrangement de guitare inhabituel de Jimmy Page, l’orchestration de John Paul Jones, la batterie magnifiquement maîtrisée de John Bonham… La chanson bénéficie également de l’une des interprétations vocales les plus expressives et poétiques de Robert Plant. Tout cela se combine pour créer quelque chose de magnifique. »
Quand et comment avez-vous décidé de créer ce spectacle hommage ?
J’avais mon propre groupe original dans les années 1980 et 1990. Nous avons tourné avec des artistes comme Ozzy Osbourne, Roger Daltrey et Uriah Heep, et nous avions suscité l’intérêt de maisons de disques. Mais les temps changeaient. Le grunge est apparu à Seattle, le paysage musical a évolué et les groupes comme le mien n’étaient plus signés.. Je voulais continuer à me produire sur scène et j’ai décidé de créer un groupe hommage. Led Zeppelin était un choix évident. J’ai appelé quelques vieux amis dont je savais qu’ils étaient eux aussi de grands fans et qui pourraient être intéressés pour me rejoindre. Au début, nous faisions cela uniquement pour notre plaisir et pour nous lancer un défi musical. Nous avons joué dans de petites salles à Londres et aux alentours et avons progressivement acquis une solide réputation. Puis, un soir, dans une petite salle de concert de Camden, Robert Plant est entré. Il a dit que c’était comme se regarder lui-même sur scène : « Je suis entré, je me suis vu. » Soudain, Letz Zep a suscité énormément d’intérêt. Je me suis alors dit : « nous sommes peut-être vraiment bons ! »
J’ai contacté les promoteurs et les agents avec lesquels j’avais travaillé au cours de ma précédente carrière et j’ai commencé à organiser des tournées européennes. Depuis, nous sommes pratiquement en tournée mondiale permanente — et elle semble prendre de l’ampleur chaque année.»
Jimmy Page vous a aussi invités à vous produire lors d’un événement spécial. Avez-vous eu l’occasion de discuter avec eux ?
« C’est évidemment une reconnaissance extraordinaire, d’autant plus que Robert et Jimmy nous ont tous les deux énormément soutenus et complimentés. Robert a plaisanté en disant qu’il était heureux de me voir chanter « Stairway to Heaven » tous les soirs, car cela signifiait qu’il n’avait pas à le faire lui-même ! Il a également fait une remarque très intéressante. Il a expliqué qu’au début de Led Zeppelin, le groupe n’avait pas encore beaucoup de chansons personnelles et jouait donc énormément de reprises. Selon lui, lorsque Zeppelin a commencé, c’était essentiellement un groupe de reprises.
Jimmy nous a invités à nous asseoir à sa table. Il était chaleureux, accueillant et manifestait un véritable intérêt pour ce que nous faisons. C’est sans doute la plus belle reconnaissance qu’un groupe hommage puisse recevoir. Savoir que les personnes qui ont créé cette magnifique musique approuvent la manière dont nous la faisons revivre est extrêmement encourageant et réconfortant. »
Avez-vous déjà joué sur scène avec eux ?
« Malheureusement non — enfin, pas encore ! Lorsque Robert est venu à notre concert, il m’a demandé en plaisantant s’il devait chanter « The Battle of Evermore » avec moi ce soir-là. Finalement, il ne l’a pas fait. Je suppose qu’il aurait volé la vedette ! J’ai toujours pensé que Jimmy devrait repartir en tournée — peut-être en donnant des concerts consacrés au blues. J’aimerais beaucoup voir cela. Pour l’anecdote, après le concert de reformation de 2007, il a été question de poursuivre l’aventure avec un autre chanteur. Plusieurs noms ont été envisagés, notamment Steven Tyler et Myles Kennedy. On m’a ensuite dit que mon nom avait également été évoqué à un moment donné. Évidemment, rien ne s’est concrétisé, donc je ne peux pas dire à quel point cette possibilité a été sérieusement envisagée. Mais que ce soit vrai ou non, c’est plutôt flatteur de l’entendre — et ils ont toujours mon numéro s’ils venaient un jour à changer d’avis ! »
Comment choisissez-vous les chansons que vous interprétez sur scène ? La setlist est-elle toujours la même ?
« Nous aimons changer le programme à chaque tournée, même s’il y a toujours quelques variations en fonction de la durée du spectacle et de la salle dans laquelle nous jouons. Au début de chaque tournée, nous décidons quelle période de la carrière de Led Zeppelin nous voulons représenter. Nous pouvons créer un spectacle inspiré des concerts d’Earls Court, nous concentrer sur les premières années ou explorer leur période plus tardive. Parfois, nous mettons particulièrement en avant un album et nous avons même déjà interprété des albums entiers. Cette année marque le cinquantième anniversaire de la sortie de Presence, il est donc tout naturel d’inclure une ou deux chansons de cet album pour célébrer un anniversaire aussi important.
Nous incluons naturellement les chansons que le public connaît et aime, mais nous aimons également faire découvrir des morceaux moins connus et certaines de nos chansons préférées. Nous développons et improvisons certains morceaux, comme Led Zeppelin le faisait en concert. C’est là que la musique prend véritablement vie. La discographie de Led Zeppelin couvre de nombreux styles différents, du folk acoustique et du blues au hard rock, au funk et aux musiques influencées par d’autres cultures. À chaque concert, nous essayons de représenter toute l’étendue de cet extraordinaire univers musical.
Avez-vous déjà joué à Lille ?
« Nous avons fait plusieurs tournées en France et nous avons déjà joué quatre fois à Lille, mais dans une autre salle. Ce sera notre première au Nouveau Siècle et nous avons vraiment hâte d’y être. Je me souviens avoir marché dans les rues étroites et pavées du Vieux-Lille, avec ses bâtiments colorés de style flamand, ses vieilles boutiques et ses petits cafés, où nous nous sommes offert des moules-frites accompagnées d’une excellente bière locale. Lille possède vraiment une personnalité bien à elle. La France a joué un rôle important dans l’histoire de Letz Zep et nous sommes toujours très heureux d’y revenir. Venez nous rejoindre, entrez dans la machine à remonter le temps et rendez-vous dans les années 1970 ! »
Letz Zep, concert au Nouveau Siècle à Lille le samedi 26 septembre(20 h). Prix : 46,50 à 85 €.