Chaque mois, Planète Lille va à la rencontre d’un élève du Studio 8 de l’École du Nord. Le portrait du mois est consacré à Lexan Léger.
À 17 ans, rien ne le destinait vraiment au théâtre. Élève au lycée Saint-Sernin de Toulouse, Lexan se passionnait davantage pour la musique. Une option théâtre a pourtant tout changé. « C’était le premier endroit où je ne m’ennuyais jamais », résume aujourd’hui le jeune comédien, dont le parcours est marqué par une soif constante d’apprendre. Après trois années au Conservatoire de Toulouse, puis deux autres à celui de Colmar, il poursuit sa formation depuis la rentrée 2024 à l’École du Nord.
Né en région parisienne, passé par Chambéry, Bayonne, Toulouse, Strasbourg, Colmar puis Lille, Lexan envisage le métier de comédien comme une succession de rencontres et de tournées. L’idée de partir sur les routes l’enthousiasme autant que celle de partager le plateau avec des artistes qu’il admire. « Mes monstres de théâtre ne sont pas forcément des célébrités. Ce sont souvent des proches, des amis, des personnes qui m’inspirent au quotidien », assure-t-il.
À Lille, où il a découvert une ville qu’il juge plus populaire et ouverte que d’autres qu’il a traversées, il trouve un environnement en accord avec sa conception du théâtre : un art accessible, capable de rassembler des publics variés.
De nouvelles portes ouvertes
Curieux de toutes les formes scéniques, Lexan refuse d’opposer théâtre classique et écritures contemporaines. Plutôt attiré par des auteurs comme Jean-Luc Lagarce et Bernard-Marie Koltès, il admet avoir été longtemps réticent face à Molière ou Shakespeare mais raconte avoir découvert une autre manière d’aborder ces textes grâce à des enseignants qui lui ont offert de nouvelles portes d’entrée.
Son parcours à l’École du Nord confirme cette ouverture. Masque, danse, cabaret, sport, voyage d’étude au Congo,lectures au festival d’Avignon, chaque expérience devient un terrain d’exploration. Un récent stage autour du cabaret, qu’il abordait avec appréhension, s’est même transformé en véritable révélation. « Il faut savoir que je suis une personne trans, précise-t-il. Du coup, j’ai vraiment rejeté tout ce qui était mettre des boucles d’oreilles, du vernis. J’ai des problèmes en plus avec ma voix, je ne l’aime pas trop et parfois quand j’appelle des gens au téléphone on me dit madame, ça m’énerve. Au final, le stage s’est très bien passé, ça m’a donné envie de voir un peu plus de cabaret, de voir un peu plus de show, de découvrir davantage cet univers. »
Son avenir après l’école du Nord ? S’il n’exclut pas un détour par le cinéma, c’est la scène qui demeure son horizon. Avec un ancien camarade de Colmar, il prépare déjà la reprise d’un spectacle pensé pour tourner dans les festivals, porté par une scénographie légère. Une caravane, un système son et l’envie de raconter des histoires.