Karim Duval : « Une intelligence artificielle n’a pas d’humour »

24/02/2026 | Actualités, Spéctacles, Théâtre/Humour

Karim Duval va jouer son spectacle Entropie le 4 mars au théâtre Pasteur de Lille Grand Palais.

L’humoriste Karim Duval sera ce mercredi 4 mars (20 h) au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais avec son spectacle « Entropie » où il aborde des grands thèmes sociétaux comme les progrès techniques, l’IA, l’environnement…

 Karim, depuis le début de votre carrière, vos spectacles sont réputés pour la qualité de l’écriture et le fait qu’ils fassent réfléchir. Avec « Entropie », vous avez passé un cap en obligeant pas mal de monde à consulter le dictionnaire dès le titre…

« Ce n’était pas le but (rires), le titre est venu a posteriori. Ce n’est pas une conférence de vulgarisation scientifique. L’entropie, c’est la mesure du degré de désordre d’un système, mais ça fait partie de la vie. On gaspille énormément de temps en essayant d’en gagner. On a aussi tendance à vouloir tendre vers une forme de perfection, un ordre total. Alors ce spectacle, c’est aussi un peu une ode au désordre. »

Après l’étude des générations dans votre précédent spectacle « Y », qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à ce sujet et comment fonctionne votre analyse ? Est-ce que, finalement, aucune conversation avec vous n’est banale ?

« Tout ce qu’on fait, ça part de nous, d’un petit truc qu’on va mettre dans un contexte. Le décalage est plus sincère quand on a vécu, traversé ce dont on parle. On va chercher dans les tripes. Je pars de mon quotidien banal et je vois ce qui, d’un constat personnel, peut devenir quelque chose d’universel. Après, c’est à nous de trouver les bonnes vannes, les bonnes phrases. En fait, ça me fait rire parce que ça m’angoisse. »

Les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle sont redoutées par de plus en plus d’artistes. Est-ce aussi une peur chez vous ?

« Ça ne m’angoisse pas pour mon métier, mais je trouve ça dangereux pour la société, pour les générations futures. Quand je vois le nombre d’élèves qui utilisent ChatGPT pour faire leurs devoirs, c’est inquiétant. Au-delà du fait d’effacer la capacité d’écrire, c’est la volonté de faire qui est en danger. Il ne faut pas oublier que le chemin qui mène à l’objectif est plus important que l’objectif lui-même. Quand on envoie un mail, on écrit différemment selon la personne à qui on s’adresse. Par principe, je ne vais pas sur ChatGPT et je crois que je douterai toujours des réponses qui me sont données. Je ne crains pas pour ma profession, car une intelligence artificielle n’a pas d’humour. »

Ne pensez-vous pas que les réseaux sociaux ont déjà créé le désordre ? Est-ce plus difficile de capter un auditoire sur un spectacle d’1 h 30 à une époque où les gens scrollent et enchaînent les vidéos de moins d’une minute ?

« Bien sûr. Le pire, c’est Instagram, car tout est ordonné, les couleurs sont belles. C’est l’incarnation du désordre créé par l’ordre. On scrolle un contenu démesuré, infini. Tout prend le même niveau d’importance. »

Vous avez dit qu’il n’y a plus d’artiste très grand public, aimé de tous, que l’humour est devenu communautaire. Est-ce que ça veut dire qu’avec la profusion de comedy clubs, des vidéos sur les réseaux, un humoriste doit forcément définir son créneau et le sécuriser aujourd’hui plutôt que de chercher à toucher le plus grand nombre ?

« Le terme communautaire n’est pas à prendre ici au sens racial, comme certains peuvent l’entendre. Ce que je veux dire, c’est que nous sommes tentés, moi le premier, de consolider notre communauté. J’essaie de trouver un équilibre, mais un artiste doit sortir de sa zone de confort. Le fond et la forme sont à dissocier. On a trop tendance à faire les mêmes choses, ce qu’on sait faire. Dans mon cas, j’essaie de ne plus trop parler de choses liées à l’entreprise, tout en gardant toujours un ton un peu sophistiqué. Après, malgré son titre un peu pompeux, mon spectacle parle davantage du quotidien. Je veux qu’il touche tout le monde. C’est pour ça qu’avant l’Olympia, je vais aussi dans des centres culturels au fond de la campagne. Je n’ai pas envie que mon humour soit excluant. »

Karim Duval dans « Entropie », le mercredi 4 mars (20 h), au théâtre Louis-Pasteur de Lille Grand Palais.

Letz Zep, le tribute adoubé par Robert Plant et Jimmy Page

De nombreux concerts hommages à des artistes français ou internationaux sont programmées cette saison dans la métropole...

Antek, ce ch’ti qui répand des ondes positives sur scène

Révélé par le Jamel Comedy Club puis consacré lors de la deuxième saison de Comedy Class, l’humoriste nordiste Antoine...

Mesdames en vraies ! promet de vous faire naviguer entre rires et larmes

 En deux ans d’existence, le média en ligne Mesdames, lancé par Alexandra Crucq avec la complicité de Maïtena Biraben, a...

À Lille, il sera l’heure de la dernière mise à jour pour les frères Taloche

Attendus au théâtre Sébastopol, le dimanche 20 septembre (16 h), les frères Taloche, Bruno et Vincent viendront à Lille...

« Tombé du ciel » est aussi une belle aventure humaine

Début juin, lors du festival CineComedies à Lens, le réalisateur Mohamed Hamidi se réjouissait en évoquant la sortie de son...

Rouletabille fait peau neuve dans « Le mystère de la chambre jaune »

S’attaquer à un grand classique de la littérature, ayant déjà été adapté à l’écran, n’est jamais une sinécure, mais le pari...

David et Jonathan, des retrouvailles quasiment inespérées

 « Est-ce que tu viens pour les vacances ? » Pendant plus de trente ans, la questionn’a plus été d’actualité pour David...

Lysandre Akmese-Euillet, le théâtre comme une évidence

Chaque mois Planète Lille va à la rencontre d'un élève du Studio 8 de l'école du Nord.Leportrait d'août est consacré à...

Bombonera : une histoire de foot, de famille, de rêves

Ancien très bon joueur de football dont la carrière a été stoppée trop rapidement, Enzo (Soufiane Guerrab) s’est ensuite...

Issa Doumbia fait son entrée dans Scènes de ménages

La dix-huitième saison de Scènes de ménages sera diffusée à partir de ce lundi 24 août (20 h 40) sur M6, avec, parmi les...
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x